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« VOS BOUTIQUES, C'EST BIEN MIGNON ! » COURAGE, LOLA-FLEUR ! L'INSOUMISE FACE AUX COMMERÇANTS PILLÉS

20 octobre 20264:33
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Sur le plateau de LCI, dans « La Grande Confrontation » de David Pujadas, après la nuit de pillages du 17 octobre 2026. Lola-Fleur Whittaker est étudiante à Sciences Po et militante insoumise ; elle était sur la liste LFI du 15e arrondissement de Paris. LCI la présente comme « créatrice de contenus ». En face d'elle, des commerçants qui ont tout perdu.

« Moi, j'y étais, le 17. » « Les pilleurs, ils ont rien. » Puis, aux commerçants : « Vous vous rendez pas compte de la chance que vous avez, vous avez des choses à perdre. » Sa mère, professeure d'anglais, part le matin « avec un paquet de gâteaux dans son sac ». Et enfin : « Vos boutiques, c'est bien mignon, super, OK, les Foot Locker qui ont été pillés, mais il y a une vraie souffrance des Français. »

Jhemima Sheilha, boulangère et entrepreneuse, lui répond. Elle est arrivée du Congo à 9 ans, a vécu trois ans dans 10 m² et a grandi à Sarcelles ; elle emploie aujourd'hui 130 personnes : « Mais c'est ma vie, Lola, c'est ma vie. J'ai des enfants. » Mickaël Abitbol, commerçant, cite un voisin vendeur de mangas : 500 000 euros de stock pillés. Plus tôt, interrogé par Lola-Fleur sur le 17 octobre 1961, David Lisnard avait répondu : « Non mais je m'en fous, madame. »

Sur les réseaux, des internautes ont depuis exhumé ses études à Manchester et ses photos de voyage (Oman, Sicile, îles grecques…). Une cagnotte « Un repas pour la mère de Lola-Fleur » a été ouverte par moquerie ; elle n'y est pour rien.

Toutes les phrases entre guillemets ont été prononcées à l'antenne. Nous ne visons pas la personne mais le discours : celui qui dit à ceux qui ont tout perdu qu'ils ont de la chance. Comme toute satire, cette chanson utilise l'exagération, le second degré et la caricature pour nourrir le débat public.

Aucune boutique n'a été pillée pour la faire.

Paroles

[Intro, sa vraie voix] « Vos boutiques, c'est bien mignon, super, OK, les Foot Locker qui ont été pillés… » [Couplet 1] Sciences Po, Manchester, le micro à la main, Insoumise du quinzième, elle connaît le chagrin : « Moi, j'y étais, le 17 ! », lance-t-elle à Pujadas, En face, des commerçants, leurs vitrines en éclats. Elle parle de 10 milliards, des profits de Total, Des dividendes, des actionnaires, du capital, « Les pilleurs, ils ont rien ! » La phrase est lâchée… Rien, à part des baskets toutes neuves aux pieds ! [Pré-refrain] « Vous vous rendez pas compte de la chance que vous avez ! Vous avez des choses à perdre ! », dit-elle aux ruinés. Maman, prof d'anglais, a des gâteaux dans son sac, Pour tenir jusqu'à midi… Et voilà l'estocade : [Refrain] Courage, Lola-Fleur ! « Vos boutiques, c'est bien mignon ! » « Rien à perdre » ? Mais oui, mais oui… Sauf ton billet pour Oman ! Courage, Lola-Fleur ! C'est ma vie, Lola ! C'est ma vie ! [Couplet 2] Mais Jhemima se lève, et sa voix ne tremble pas : Arrivée du Congo, elle avait 9 ans, Lola ! Dix mètres carrés, trois ans, l'école à Sarcelles, 130 salariés, et la vitrine en étincelles. Mickaël a un voisin, un marchand de mangas : 500 000 euros de stock, pillés, envolés, comme ça ! « Il y a des commerçants, madame, qui ont tout perdu ! » « Je comprends votre colère »… Merci, c'est entendu ! [Pré-refrain] « Vous êtes en train de me parler de la misère ? Mais c'est ma vie, Lola, c'est ma vie ! J'ai des enfants ! » « Quelle chance on a d'avoir eu nos entreprises cassées ! » Et Lola, pleine d'espoir, n'a plus rien à ajouter : [Refrain] [Couplet 3] Puis elle interroge Lisnard sur octobre 61, Il répond qu'il s'en fout, que ça ne l'intéresse point, « On vous connaît par cœur », lui lance le maire de Cannes… Nous aussi, on connaît par cœur ton Instagram : Oman, la Sicile, les îles grecques, l'Égypte, la Malaisie, L'île de Ré, Manchester… et la cantine de maman, aussi ! Pour quelqu'un qui a faim, on voyage plutôt bien, La misère en première classe, et le malheur des voisins. [Sa vraie voix, David Lisnard] « Non mais je m'en fous, madame. » [Pont] « Moi, je suis pleine d'espoir ! » « La jeunesse partout se soulève ! » Au petit matin, Jhemima balaie le verre et les rêves, Le marchand de mangas recompte ce qu'il n'a plus, Ses salariés ont peur, et personne n'a répondu. « Quelle réponse vous leur apportez ? » Personne. Rien. Un micro, un plateau, et c'est réglé. [Dernier refrain, deux fois] [Fin, sa vraie voix, Jhemima Sheilha] « Mais c'est ma vie, Lola, c'est ma vie. J'ai des enfants. »