SI C'EST PAS L'IMMIGRATION, POURQUOI ONT-ILS LAISSÉ LE JAMBON ?
Ce qui s'est passé
Manifestations du 17 octobre 2026 : en marge de la mobilisation nationale contre la vie chère (550 000 manifestants selon le ministère de l'Intérieur, 800 000 selon la CGT), des émeutes, des pillages et des incendies ont frappé Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille, Tours et Limoges, où l'hôtel de ville a brûlé. Bilan des violences du 17 octobre : près de 1 500 commerces touchés selon la Confédération des commerçants de France, plus de 2 000 interpellations, plus de 600 blessés parmi les policiers, gendarmes et pompiers, et, le lendemain 18 octobre, une allocution d'Emmanuel Macron à 20 h qui parle de « factieux » et de « délinquants ».
Le soir du 17 octobre, une vidéo tourne à l'intérieur d'un Franprix du faubourg du Temple, à Paris, après le pillage : bouteilles éventrées, rayons d'épicerie vidés, caisses défoncées. Mais au fond, dans les meubles réfrigérés du rayon frais, les barquettes sont restées alignées. Un internaute pose la question qui fait le tour des réseaux : « Si ce n'est pas l'immigration, pourquoi ont-ils laissé le jambon ? »
À l'étranger, on n'a pas pris de gants. Donald Trump : « La France brûle ! L'immigration de personnes issues d'un monde totalement différent […] a brisé ce pays autrefois grand. Fermez les frontières et reprenez le contrôle avant qu'il ne soit trop tard ! » JD Vance : « Les progressistes occidentaux ont importé le tiers-monde en France », ils « ont négligé les questions fondamentales d'assimilation et de compatibilité ». Péter Magyar, le Premier ministre hongrois qui a battu Viktor Orbán, celui que les modérés de toute l'Europe applaudissaient : les violences montrent « pourquoi la Hongrie défend l'approche la plus stricte possible en matière de migration ». Nayib Bukele, en français : « La France pourrait y arriver en une semaine. »
Même Donald Tusk, l'Européen modèle, ancien président du Conseil européen, a promis le 18 octobre que la Pologne ne répéterait pas les erreurs des autres : frontière défendue, « sans compromis » en matière de sécurité.
Et en France ? franceinfo qualifie le message de Vance de « xénophobe ». Le gouvernement parle d'ultragauche et de délinquants. Le président, dimanche à 20 h, de « factieux » et de « groupuscules ». Les partis condamnent, s'indignent, se renvoient la balle sur le maintien de l'ordre. Aucun ne prononce le mot. Pendant ce temps, une obligation de quitter le territoire sur dix est exécutée, selon le Sénat et l'Assemblée nationale.
Cette chanson ne vise personne pour ce qu'il est. Elle vise ceux qui tiennent les clés depuis trente ans, de l'extrême gauche à la droite molle, en passant par les écologistes, les socialistes, les macronistes et les centristes, et qui ont choisi de ne pas regarder. Aucun chiffre officiel n'a été publié sur le profil des interpellés du 17 octobre : c'est justement la question que nous posons. Comme toute satire, elle use de l'ironie et de l'exagération pour nourrir le débat public.