Ce qui s'est passé
Le samedi 17 octobre 2026, la France brûle. Des centaines de milliers de manifestants contre la vie chère, puis la nuit des casseurs : 2 397 interpellations, 997 policiers et gendarmes blessés, environ 1 500 commerces pillés. À Limoges, l'hôtel de ville part en fumée et la tour s'effondre, avec la salle des mariages et l'état civil. La veille au soir, Emmanuel et Brigitte Macron étaient au concert de Céline Dion.
Le dimanche à 20 h, huit minutes et demie d'allocution : « Rien ne le justifie. Rien ne l'explique. Rien ne l'excuse. », « de la colère, de la honte », « nous serons intraitables »… Pendant qu'il parle, on pille encore un Darty à Belleville. Puis l'annonce : « je poursuivrai ces actions dès demain matin en allant dans les pays du Golfe pour sécuriser nos approvisionnements. » Le ministre de l'Intérieur avoue « une perte de contrôle » et remet sa démission : refusée.
Lundi matin, le tapis rouge au Koweït. Puis les Émirats, Bahreïn, le Qatar, avec des dirigeants de TotalEnergies et d'Engie. L'Élysée espère « un certain nombre d'engagements » sur le diesel et le pétrole, avec « un effet indirect sur les prix ». Le gazole a touché 2,41 € le litre. Mais à Ormuz, c'est entre Washington et Téhéran que tout se joue : Trump refuse l'offre iranienne et rebaptise le passage « détroit de Trump ». Macron l'a dit lui-même ce dimanche : un conflit « auquel la France n'a pas pris part ». Pendant ce temps, El País signe « l'acte de décès du macronisme » ; à 15 % d'opinions favorables, le président s'envole.
Opposition unanime : « lamentable » (Jordan Bardella), « parlé pour ne rien dire » (Éric Ciotti, Manuel Bompard), « 8 minutes de Macron pour rien » (Thierry Mariani).
Comme toute satire, cette chanson utilise l'exagération, le second degré et la caricature pour nourrir le débat public.
Lui part dans le Golfe pour un effet indirect. Au moins, elle, on sait qu'elle reviendra.
Paroles
[Intro — sa vraie voix]
« …je poursuivrai ces actions dès demain matin en allant dans les pays du Golfe pour sécuriser nos approvisionnements. »
[COUPLET 1]
Il pleut des cendres sur Limoges,
La tour de la mairie s'est couchée,
Les registres de nos grands-pères
Ont brûlé dans la salle des mariés.
À Belleville, on vide un Darty
Pendant qu'il parle à la télé :
Huit minutes et demie de « colère », de « honte »…
Et puis son avion est annoncé.
[PRÉ-REFRAIN]
« Dès demain matin, dans les pays du Golfe… »
La valise est bouclée, le tapis déroulé.
On balaie le verre au pied de nos vitrines,
Et Monsieur s'en va « sécuriser ».
[REFRAIN]
Courage, fuyons !
Bon voyage, monsieur Macron !
Tu vas sécuriser le Golfe…
Et chez nous, qui garde la maison ?
Courage, fuyons !
Bon voyage, monsieur Macron !
[COUPLET 2]
Koweït, Émirats, Bahreïn et Qatar,
Quatre émirs, un roi, les fanfares, les étendards,
Les patrons de Total et d'Engie dans l'avion,
Pour nos pleins à deux euros quarante : quelle mission !
On traverse la mer, on serre des mains en or,
Pour « un effet indirect » sur les prix… et encore.
[PRÉ-REFRAIN 2]
Tu l'as dit toi-même, à vingt heures, à la télé :
Une guerre « à laquelle la France n'a pas pris part ».
À Ormuz, Washington et Téhéran jouent aux cartes,
Trump l'a même baptisé de son nom… et toi, tu pars ?
[Refrain]
[COUPLET 3]
Ton ministre avoue « une perte de contrôle »,
Il te tend sa démission, tu la lui rends : c'est drôle.
Près de mille policiers blessés, deux mille quatre cents interpellés,
Et toi, au Koweït, tu salues la garde, le menton levé.
À Madrid, on écrit « l'acte de décès du macronisme »,
À Berlin, on s'inquiète ; à Washington, on rit…
Quinze pour cent t'aiment encore, monsieur le Président :
Le monde se moque de nous, et nous, on serre les dents.
[Pont]
Dis, quand reviendras-tu ?
Quand les vitrines seront refaites ?
Quand la tour de Limoges aura repoussé,
Et que les pillards auront payé la fête ?
La veille, Céline Dion, la loge et les bravos,
Le lendemain, la France en feu,
Le surlendemain, le Koweït au chaud…
Dis, quand reviendras-tu ?
[Interlude — sa vraie voix]
« Rien ne le justifie, rien ne l'explique, rien ne l'excuse. »
[Dernier couplet]
« Rien ne le justifie, rien ne l'explique, rien ne l'excuse » :
C'étaient tes mots, ce soir-là, devant la nation.
On te les rend pour ton voyage, sans malice et sans ruse :
C'est tout un pays qui regarde partir ton avion.
[Dernier refrain, deux fois]
Courage, fuyons !
Bon voyage, monsieur Macron !
Tu vas sécuriser le Golfe…
Et chez nous, qui garde la maison ?
Courage, fuyons !
Bon voyage, monsieur Macron !
[Outro]
Bon voyage, monsieur le Président…
Et surtout, ne vous pressez pas pour rentrer.