Ce qui s'est passé
Une chanson d'opinion contre le racisme, tous les racismes, et contre le silence. Les faits :
• Rouen, samedi 31 octobre 2026, vers 23 h, près de la foire Saint-Romain et des Docks 76 : selon le parquet, une quinzaine d'individus s'en prennent à un groupe d'une dizaine de personnes. Quatre plaintes pour violences en raison de la race, de l'ethnie, de la nation ou de la religion. Les plaignants disent avoir chanté un chant catholique. Paroles rapportées par une victime : « fachos, sales blancs, on va vous tuer » ; « On n'avait pas droit de cité en tant que Blancs » (témoignage au Figaro). L'enquête est en cours : les auteurs ne sont pas identifiés et le mobile n'est pas établi ; ces récits sont ceux des plaignants. Sources : ICI Normandie, Tendance Ouest.
• Actes antichrétiens recensés par le ministère de l'Intérieur : 843 en 2025 (+9 %), dont des atteintes aux personnes en hausse de 70 % ; la très grande majorité reste des atteintes aux biens. Les actes antisémites et antimusulmans sont eux aussi en forte hausse.
• Étude Ifop-LICRA (avril 2026, 14 025 personnes) : 39 % des personnes perçues comme blanches disent avoir subi une agression ou une discrimination raciste au cours de leur vie, contre 80 % des personnes perçues comme noires. Le rapport parle d'un phénomène réel mais structurellement différent.
Images d'illustration : ni les lieux ni les personnes montrés ne sont liés aux auteurs. Chanson d'opinion.
Paroles
[Couplet 1]
Un samedi d'octobre, à Rouen, près de la foire,
Une bande d'amis descend du bus, dans le soir.
Ils ont vingt ans passés, et rien dans les mains,
Juste un chant de leur foi, qu'ils portent en chemin.
Et d'un coup, dans la nuit, des ombres en noir,
Les insultes d'abord, c'est ce qu'ils vont raconter :
« Fachos ! Sales Blancs ! On va vous tuer ! »
Puis les poings, puis le sol, et la rue qui regarde ailleurs.
[Refrain]
Ils chantaient, ils chantaient, ce n'était que ça !
Une prière dans la nuit, et des coups pour ça !
Le racisme est le racisme, quelle que soit la couleur,
Et la haine d'une croix n'est pas une erreur !
« On n'avait pas droit de cité », dit l'un d'eux.
Qui répondra, dans ce pays, à ces mots-là, si peu ?
Ils chantaient, ils chantaient, et qui les entendra ?
Le silence aussi cogne, et il ne se voit pas.
[Couplet 2]
« Ça n'existe pas », dit-on, et l'on détourne les yeux,
« C'est un mot de fachos, parlons d'autre chose, mieux. »
Quatre personnes blanches sur dix, un sondage l'écrit,
Disent l'avoir vécu, et qui les a compris ?
Huit cent quarante-trois actes contre les chrétiens,
Une année seulement, et ça ne change rien.
Les coups sur les personnes, soixante-dix pour cent de plus,
Et sur les plateaux de télé, on n'en parle plus.
[Refrain]
[Pont]
Je ne demande à personne de haïr qui que ce soit.
Je dis : noir, arabe, juif ou blanc, c'est la même loi.
Qu'on frappe pour une couleur, qu'on frappe pour une foi,
C'est le même poing, c'est le même effroi.
Que la justice dise qui. Que la justice dise pourquoi.
Mais qu'on ait le droit de le dire, à voix haute, sans effroi.
[Dernier refrain]
Ils chantaient, ils chantaient, et je chante avec eux !
Dans mon pays, on chante, on prie, on croit comme on veut !
Le racisme est le racisme, quelle que soit la couleur,
Et la haine d'une croix n'est pas une erreur !
Ils chantaient, ils chantaient, et nous sommes là,
Personne, en France, n'a le droit de dire : pas toi.
Ils chantaient, ils chantaient… et qu'on les entende, enfin !
Le silence aussi cogne. Rompons-le, dès demain.
[Outro]
Ils chantaient. C'est tout.