NIGHTMARE IN PARIS : LA COMÉDIE MUSICALE DES ÉMEUTES DU 17 OCTOBRE (MIDNIGHT IN PARIS, VERSION 2026)
Ce qui s'est passé
Dans « Midnight in Paris » (Woody Allen, 2011), un Américain nostalgique attend minuit sur les marches de Saint-Étienne-du-Mont. Une Peugeot des années 20 s'arrête, et le voilà dans le Paris d'Hemingway, de Fitzgerald, de Gertrude Stein et de Cole Porter, sous une pluie qui rend la ville encore plus belle. Le 17 octobre 2026, la voiture est venue. Mais elle n'allait pas dans les années 20.
Cette nuit-là, à Paris, en marge de la mobilisation contre la vie chère, un Franprix de la rue du Faubourg-du-Temple a été vidé jusqu'aux caisses. Place de la République, un couple de plus de quatre-vingts ans a été dépouillé de ses bijoux et d'une partie de ses vêtements et laissé en sous-vêtements sur le trottoir (BFMTV, Le Parisien). Rue Beaurepaire, Aline, gérante du bar-tabac La Barrique, a raconté à franceinfo : « Ils ont soulevé tous en même temps et ils ont cassé les grilles », avec en première ligne « un jeune de 12, 13 ans maxi » et des pillards qui « avaient des sacs bien solides pour pouvoir prendre au maximum ». Monoprix, Kenzo, Arc'teryx, Salomon, Yves Rocher, SFR, une poste, un PMU, une boutique Céline avenue Montaigne : rideaux de fer soulevés, vitrines fracassées, barricades de grilles sur les Champs-Élysées, canon à eau et lacrymogènes place de la République.
Bilan : 855 interpellations dans l'agglomération parisienne selon la préfecture de police, plus de 2 000 en France et plus de 600 blessés parmi les policiers, gendarmes et pompiers selon le ministre de l'Intérieur, 1 500 commerçants touchés pour « des centaines de millions d'euros » de dégâts selon Europe 1.
Et le roi de ce royaume ? La veille, il était au concert de Céline Dion, dans une loge. Le lendemain à 20 heures, il s'est adressé aux Français : des violences commises par « des factieux issus de groupuscules d'ultra-gauche, rejoints par de nombreux délinquants ». Voilà. Rideau. Bonne nuit.
Alors on a fait ce que font les comédies musicales : on a chanté. La clarinette de l'ouverture est celle du film, le touriste aussi. Chaque image du rêve de Woody Allen a trouvé son double dans la nuit du 17 octobre : les étoiles de Van Gogh sont des lacrymos qui tournent, la pluie sur les quais est un canon à eau, Fitzgerald est un black bloc, et Cole Porter chante « Let's do it »… let's casser tout. Le film disait que chaque époque regrette la précédente. Pour une fois, on a raison.
Comme toute satire, cette chanson utilise l'exagération, le second degré et la caricature pour nourrir le débat public.
Les images sont celles de la nuit du 17 octobre, filmées par CLPress, TF1, Le Parisien et des témoins ; les chiffres et les citations sont ceux de la presse. Au moins, on vous le dit.