Ce qui s'est passé
Le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris condamne Marine Le Pen à cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire. Le 7 juillet 2026, la cour d'appel de Paris ramène la peine à 45 mois d'inéligibilité dont 30 avec sursis, sans exécution provisoire ; Marine Le Pen se pourvoit en cassation et se déclare candidate : « la cour d'appel m'a rendu mon éligibilité ». La Cour de cassation a dit vouloir statuer avant la présidentielle.
Le 27 octobre 2026, Le Monde publie un entretien de Didier Guérin, magistrat honoraire, ancien président de la chambre criminelle de la Cour de cassation : « Marine Le Pen est actuellement inéligible jusqu'à la décision de la Cour de cassation sur son pourvoi ». Marine Le Pen répond que cette lecture contredit l'effet dévolutif de l'appel (article 509 du code de procédure pénale) et la position du procureur général près la Cour de cassation ; elle dénonce un « vademecum » allant jusqu'au rejet de sa candidature et à sa destitution si elle était élue, et saisit le Conseil supérieur de la magistrature au nom du devoir de réserve. La veille, le même journal avait publié la fausse information des « tracts du RN » de Trappes.
La question juridique est débattue entre juristes ; la Cour de cassation et, le cas échéant, le Conseil constitutionnel trancheront. Vraie voix : Marine Le Pen à La Flèche, 8 juillet 2026 (LCI). Images de TF1, France 5 et CLPRESS.
Paroles
[Couplet 1]
Le trente et un mars, au tribunal, la sentence est tombée :
Cinq ans d'inéligibilité, et tout de suite appliquée,
« Exécution provisoire », la formule était tranchante,
Avant même l'appel, on rayait la candidate.
En juillet, la cour d'appel a repris tout le dossier,
Plus d'exécution provisoire, la peine est rabotée,
Le chemin se rouvrait, le peuple pourrait choisir,
Mais certains, à Paris, n'avaient pas fini d'écrire.
[Refrain]
Ils feront tout, tout, tout pour qu'elle ne passe pas,
La tribune, le journal, les codes et le droit,
Inéligible hier, demain on la destituera,
Mais dans l'isoloir, messieurs, c'est le peuple qui choisira !
Ils feront tout, tout, tout, mais la France les voit,
Treize millions de voix qu'on voudrait mettre au pas,
Écrivez vos tribunes, citez toutes vos lois :
Le peuple a le dernier mot, et ce mot-là, il le dira !
[Couplet 2]
Le vingt-sept octobre, dans Le Monde, encore lui,
Un magistrat honoraire vient livrer son avis :
« Inéligible », dit-il, « jusqu'à la cassation »,
Et la défense dénonce un mode d'emploi pour la nation :
Si l'appel ne suffit pas, le Conseil constitutionnel
Pourrait rejeter sa candidature, sans appel,
Et si le peuple l'élisait, malgré tout, quand même,
Il resterait la destitution : voilà le théorème.
[Refrain]
[Couplet 3]
La veille, ce même journal voyait des tracts dans une voiture,
Le parquet a démenti, on a corrigé, sans fioritures,
Hier les faux tracts, aujourd'hui l'inéligibilité ressuscitée,
Le journal de référence a choisi son camp, en toute liberté.
Le procureur général ne lit pas le droit comme ça :
L'appel remet tout en question, l'article cinq cent neuf le dit tout bas,
Mais qu'importe le code, qu'importe le texte qui gêne,
Pourvu qu'au printemps prochain, sur l'affiche, il n'y ait plus Le Pen.
[Pont]
On peut condamner une femme. On peut rayer un nom sur un bulletin.
Mais on ne peut pas interdire à un peuple d'espérer.
En démocratie, il n'y a qu'un seul juge de paix :
le peuple. Le soir du second tour.
[Couplet 4]
Elle a saisi le Conseil supérieur de la magistrature,
Pour rappeler qu'un juge, même à la retraite, se doit à la mesure,
Le devoir de réserve, ça n'est pas une option,
Quand on a présidé la chambre criminelle, on ne fait pas l'élection.
Et pendant ce temps-là, les Français font leurs comptes,
Les factures, l'insécurité, la colère qui monte,
Ils regardent ce manège, et ils serrent les poings :
Plus on leur barre la route, plus ils trouvent le chemin.
[Refrain]
[Outro]
Ils feront tout…
Mais c'est le peuple qui choisira.