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« Le terrorisme a gagné » : le père d'Abel, tué par Merah, demande la vérité à Macron

28 octobre 20264:39
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Ce qui s'est passé

Le vendredi 23 octobre 2026, à Trappes, après l'attentat raciste qui a tué Pengo Bossio Wangi, Emmanuel Macron déclare : « C'est la première fois qu'il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, à raison de leur couleur de peau ou de la religion qu'on leur donne. » Le tollé est immédiat, de Jérôme Guedj (« factuellement fausse ») à Jordan Bardella, François-Xavier Bellamy, Sarah Knafo et au président du CRIF. L'Élysée précise que le président parlait « du premier attentat raciste sur le fondement de la couleur de peau » ; le soir, sur X, Emmanuel Macron écrit : « Aucune douleur ne doit être hiérarchisée. »

En mars 2012, Mohammed Merah a tué sept personnes : Imad Ibn Ziaten le 11 mars à Toulouse ; Abel Chennouf, 25 ans, et Mohamed Legouad le 15 mars à Montauban, où Loïc Liber a été grièvement blessé ; Jonathan Sandler, ses fils Arié et Gabriel, et Myriam Monsonego, 8 ans, le 19 mars à l'école Ozar Hatorah de Toulouse. Puis il y eut l'Hyper Cacher, le père Jacques Hamel, Samuel Paty, la basilique de Nice, Dominique Bernard.

Le lundi 26 octobre 2026, Albert Chennouf-Meyer, père d'Abel, a porté plainte à la gendarmerie : il ne demande « rien », sinon que le président « rétablisse la vérité ». « On peut vivre et accepter le malheur qui nous est tombé dessus, mais on ne peut pas accepter l'effacement » (Valeurs actuelles, 27 octobre 2026).

Vraie voix : Emmanuel Macron à Trappes, 23 octobre 2026 (BFMTV). Images de France 3 Occitanie, TéléToulouse et BFMTV. Les victimes sont nommées avec respect ; la chanson vise la phrase du président.

Paroles

[Couplet 1] Le vingt-trois octobre, à Trappes, le Président s'avance, Le regard grave, il parle à toute la France : « C'est la première fois », dit-il, « un tournant pour la nation », Qu'on tue nos enfants pour leur peau, pour leur religion. Dans le Sud, un vieux père a éteint sa télévision, Il revoit son fils en treillis, tombé sous les balles, à Montauban, Mars deux mille douze, Abel avait vingt-cinq ans, Et voilà qu'en une phrase, on l'efface en un instant. [Refrain] Le terrorisme a gagné ! Quand le Président oublie nos enfants tombés, Quand Montauban et Toulouse sont rayés, Effacés d'une phrase, à Trappes, au détour d'un discours. Le terrorisme a gagné… Ce n'était pas la première fois, Monsieur, la France s'en souvient, Rendez-nous la vérité, c'est tout, un père ne vous demande rien, Car oublier nos morts, c'est les tuer une seconde fois ! [Couplet 2] Le onze mars, à Toulouse, Imad tombe le premier, Un parachutiste en civil, abattu sans pitié, Quatre jours plus tard, à Montauban, devant la caserne, Abel et Mohamed fauchés, Loïc à terre, la vie en berne. Le tueur les a choisis, il a tout filmé, tout préparé, Des soldats de France, des visages qu'il voulait faire payer, Leur peau, leur foi, leur uniforme, voilà ce qu'il visait, Et l'on vient nous dire aujourd'hui que ça n'a jamais existé. [Refrain] [Couplet 3] Le dix-neuf mars, au matin, devant l'école Ozar Hatorah, Un père et ses deux petits, et Myriam, huit ans, qui courait là, Jonathan, Arié, Gabriel, cinq ans, trois ans, des enfants, Tués parce que juifs, dans une cour d'école, au printemps. Puis l'Hyper Cacher, puis le père Hamel devant l'autel, Puis Samuel Paty, puis Nice, la basilique, la liste est cruelle, Et vous, Monsieur, à Trappes, d'un seul mot, vous avez tout raturé : « La première fois »… Combien de fois faudra-t-il vous le rappeler ? [Pont] « On peut vivre et accepter le malheur qui nous est tombé dessus. Mais on ne peut pas accepter l'effacement. » Un père a porté plainte. Il ne veut pas d'argent. Il ne veut rien. Seulement la vérité. [Couplet 4] Le soir même, sur X, on corrige, on rattrape, on nuance : « Aucune douleur ne doit être hiérarchisée », dit la Présidence, Mais c'est vous qui avez trié, Monsieur, à Trappes, devant les caméras, Ceux qu'on pleure en premier, et ceux qu'on ne nomme pas. Un père a déposé plainte, un lundi, à la gendarmerie, Pas pour l'argent, pas pour la gloire, pour son fils, pour la patrie, Qu'on lui rende la vérité, c'est tout, et rien de plus : Ce n'était pas la première fois, et nos morts ne sont pas perdus. [Refrain] [Outro] Le terrorisme a gagné… Si la France oublie ses morts.