Ce qui s'est passé
Le 22 octobre 2026, une lettre signée par le Premier ministre Sébastien Lecornu demande aux opérateurs Orange, SFR, Free et Bouygues de bloquer TikTok, Instagram et Snapchat « sans délai », pour « quelques heures », surtout sur les réseaux mobiles (révélée par Blast le 24 octobre). Aucune coupure n'a eu lieu ; les opérateurs jugent un blocage par zone infaisable à court terme et contournable par un VPN, et Orange demande un texte publié au Journal officiel. Le 26 octobre, le gouvernement dépose l'amendement n° 94 au projet de loi « casseurs-payeurs », examiné au Sénat le 27 : retrait en une heure, sur demande de l'administration, des contenus appelant à l'insurrection ou à l'attentat, sinon blocage et déréférencement de la plateforme. En 2024, TikTok avait été bloqué en Nouvelle-Calédonie, décision jugée illégale par le Conseil d'État le 1er avril 2025. Selon l'avocat Alexandre Archambault (France 24), en métropole, bloquer une plateforme exige une décision de justice.
La chanson ne défend pas ceux qui ont brûlé l'hôtel de ville de Limoges ou pillé les magasins : elle refuse qu'on fasse taire tout le monde à cause d'eux. Vraies voix : Emmanuel Macron à Marseille (France 24, 27 octobre 2026) ; Gabriel Attal sur RTL (19 octobre 2026). Images de France 24, TF1, France 2, France 3, LCP et du défilé du 14-Juillet.
Paroles
[Couplet 1]
Le vingt-deux octobre, à Matignon, une lettre est partie,
Pour Orange, SFR, Free et Bouygues, en toute discrétion, sans bruit :
« Coupez TikTok, Instagram, Snapchat, sans délai, quelques heures »,
Ni décret, ni juge, ni loi : juste un ordre et la peur.
On n'a pas su arrêter ceux qui pillaient les magasins,
Qui brûlaient les mairies, qui cassaient tout sur leur chemin,
Alors on a trouvé plus simple, plus propre, plus discret :
Couper la parole à tout le monde, et dire que c'est pour la paix.
[Refrain]
Ils veulent couper le réseau,
Éteindre ton téléphone, te remettre au cachot,
Une heure pour effacer, sans juge et sans procès,
Bienvenue dans la France où l'on parle s'ils le permettent !
Ils veulent couper le réseau…
Mais on n'éteint pas un peuple comme on coupe la radio,
Tu peux bloquer l'antenne, tu peux couper la 5G :
La liberté, monsieur, ne passe pas par vos clés !
[Couplet 2]
Le lundi vingt-six, nouvel amendement, numéro quatre-vingt-quatorze,
« Retrait dans l'heure », exige l'État, et la plateforme se couche ou on la force,
Pas de juge pour trancher, juste un fonctionnaire et un bouton,
Déréférencé, bloqué, effacé : voilà la nouvelle façon.
Aujourd'hui c'est l'émeute, demain ce sera quoi ?
La colère des paysans ? La chanson qu'on ne veut pas ?
Le mot « insurrection », chacun le lira comme il veut,
Et la porte qu'on entrouvre ne se referme jamais, ou si peu.
[Refrain]
[Couplet 3]
En Calédonie, déjà, TikTok fut coupé en vingt-quatre,
Le Conseil d'État l'a dit : c'était illégal, rien à débattre,
Les opérateurs haussent les épaules : un VPN, et c'est passé,
Le casseur garde son portable, c'est la grand-mère qu'on fait taire.
Les mêmes qui pleuraient pour la démocratie, la presse, le débat,
Préparent en secret la coupure, et le disent tout bas,
Ils parlent d'État de droit à la tribune, à la télé,
Et signent dans leur bureau la lettre qui fait tout fermer.
[Pont]
Je ne défends pas ceux qui brûlent nos mairies.
Je défends le droit de dire qu'on n'est pas d'accord.
Le droit de filmer, de raconter, de se moquer, de chanter.
Un pays qui coupe les téléphones n'a pas peur des casseurs.
Il a peur de son peuple.
[Couplet 4]
Alors garde ta voix, ta caméra, ta chanson,
Écris, filme, partage, raconte, et garde la raison,
Ils peuvent couper l'antenne, ils ne couperont pas les cœurs,
La France a toujours parlé plus fort que ses censeurs.
De Voltaire aux pamphlets, des chansonniers aux caricatures,
On a toujours fini par dire ce qu'on cachait sous les ratures,
Et quand ils éteindront tout, un soir, pour quelques heures,
On chantera dans la rue, plus fort, et sans leur permission, messieurs !
[Refrain]
[Outro]
Ils veulent couper le réseau…
Mais la France, elle, a encore du réseau.