Ce qui s'est passé
🇮🇸 L’Islande a rejeté à 52,8 % la reprise des négociations d’adhésion à l’Union européenne, contre 47,2 % de oui. Le scrutin a mobilisé 82,5 % des électeurs, soit 225 031 votants. La question portait bien sur la reprise des négociations, et non sur une adhésion immédiate. La pêche, secteur majeur des exportations islandaises, a pesé dans la campagne. Après le vote, le gouvernement de Kristrún Frostadóttir a annoncé qu’il respecterait le résultat, tandis que la Commission européenne a déclaré prendre acte du choix islandais.
La chanson fait de ce scrutin un écho au référendum français de 2005, lorsque 54,67 % des votants avaient rejeté le traité constitutionnel européen. Elle rappelle ensuite la ratification parlementaire du traité de Lisbonne et construit son refrain autour d’une idée simple : « UN VOTE, ÇA SE RESPECTE ! ». De Reykjavík à Paris, le texte met en parallèle deux épisodes européens et réclame que le choix exprimé dans les urnes conserve toute sa portée politique. Comme toute satire, cette chanson utilise l'exagération, le second degré et la caricature pour nourrir le débat public.
Musicalement, le morceau prend la forme d’une chanson française tendue en mesure ternaire, menée par l’accordéon diatonique, le violon grave, la guitare nylon et la clarinette. Contrebasse, tambour sur cadre et caisse claire sèche soutiennent une voix masculine ferme et un refrain conçu pour être scandé immédiatement.
Paroles
[HOOK]
Cinquante-deux huit : l’Islande a dit non,
Non à la reprise des négociations.
De Reykjavík jusqu’aux quais islandais,
Le bulletin est tombé : maintenant, respectez.
[COUPLET 1]
On leur demandait de reprendre la négociation,
Pas de signer demain leur adhésion.
Deux cent vingt-cinq mille sont venus décider,
Plus de huit sur dix se sont déplacés pour voter.
Et dans les ports, la pêche a pesé dans le choix,
Quarante pour cent des exportations passent par là.
La pêche, c’est leur histoire, leur indépendance aussi,
Quand la mer nourrit un peuple, il choisit qui décide pour lui.
[PRÉ-REFRAIN]
Le gouvernement l’a promis sans détour :
Le résultat sera respecté jusqu’au bout.
[REFRAIN]
UN VOTE, ÇA SE RESPECTE !
UN VOTE, ÇA SE RESPECTE !
Quand le peuple a tranché,
On ne vient pas le corriger.
UN VOTE, ÇA SE RESPECTE !
[COUPLET 2]
Et chez nous, ce refrain réveille un vieux dossier :
Cinquante-quatre six avaient dit non au traité.
Puis Lisbonne est passé par le Parlement,
Sans remettre la question devant les Français.
Même texte ou nouveau texte ? La querelle a continué,
Mais le souvenir du scrutin, lui, n’a jamais été effacé.
On disait qu’il ne fallait surtout pas nous faire revoter,
Mais voter non, ce n’est pas demander à être corrigé.
[PRÉ-REFRAIN]
Bruxelles dit respecter le choix islandais,
Très bien : que ce principe demeure après.
[REFRAIN]
UN VOTE, ÇA SE RESPECTE !
UN VOTE, ÇA SE RESPECTE !
Quand le peuple a tranché,
On ne vient pas le corriger.
UN VOTE, ÇA SE RESPECTE !
[PONT]
Consultatif sur le papier, politique dans les faits,
Un référendum perd son sens si on l’efface après.
De Paris jusqu’à Reykjavík, retenons la leçon :
Quand un peuple répond non, on respecte son non.
[DERNIER REFRAIN]
UN VOTE, ÇA SE RESPECTE !
UN VOTE, ÇA SE RESPECTE !
Quand le peuple a tranché,
On ne vient pas le corriger.
UN VOTE, ÇA SE RESPECTE !