Ce qui s'est passé
Septembre et octobre 2026 : partie de Caen et de Villeneuve-d'Ascq contre des emplois du temps « 8 h-18 h » et des heures de cours non remplacées, la colère lycéenne gagne tout le pays ; 400 à 500 lycées sont bloqués ou fermés. Les deux grandes réformes scolaires d'Emmanuel Macron, promises en 2017, sont en cause : Parcoursup (2018) et la réforme du baccalauréat de Jean-Michel Blanquer (spécialités, contrôle continu, grand oral). Le 21 octobre, à Doha, le président déclare que « Parcoursup a, sans doute, beaucoup de choses à améliorer ». Le 26 octobre, à Marseille, interrogé sur le retard de la réponse aux lycéens, il répond : « À coup sûr. Mais maintenant, je regarde devant. Donc on avance. » Le même jour, le gouvernement de Sébastien Lecornu annonce le remplacement de Parcoursup en 2028 et 15 000 places supplémentaires ; les organisations lycéennes parlent de « miettes ». Le 28 octobre, dans Le Figaro, l'historien de l'éducation Claude Lelièvre résume : « Macron, c'est un Jupiter en paroles, pas en actes. » L'école était son « domaine réservé » ; il a été « présent devant la presse, mais pas en Conseil des ministres ».
En ouverture, la vraie voix d'Emmanuel Macron à Marseille (BFMTV, 26 octobre 2026). Images des blocus de lycées (France 24, AFP, CLPRESS, France 3, Le Parisien) et de l'annonce du remplacement de Parcoursup. Satire : exagération et second degré.
Paroles
[Couplet 1]
En deux mille dix-sept, il arrive en majesté,
L'école, son domaine réservé : Jupiter l'a décrété,
Fini le tirage au sort, place à la machine qui trie,
Un bac tout neuf, des spécialités, un grand oral pour la vie.
Blanquer taille dans les maths, découpe la classe en morceaux,
Contrôle continu toute l'année, la pression jusqu'au dernier mot,
Et du haut de son nuage, le président signe et sourit :
Il transforme le pays, dit-il… puis il passe à autre chose, et c'est fini.
[Refrain]
Jupiter en paroles, pas en actes !
Le tonnerre à la télé, et l'école qui craque,
Parcoursup à la casse, et le bac en morceaux,
Le château de cartes tombe, et Jupiter reste là-haut.
Jupiter en paroles, pas en actes…
Devant la presse il tonne, au Conseil il se tait,
Il a laissé faire les ministres, et les gamins ont payé :
Neuf ans de grands discours, et rien n'a jamais été tranché !
[Couplet 2]
Le lycéen part à l'aube, il rentre à la nuit tombée,
Huit heures, dix-huit heures, et des trous dans la journée,
Sur cent heures de cours, sept ne sont jamais assurées,
Pas de prof, pas de remplaçant, mais la note est bien comptée.
Puis vient Parcoursup, ses vœux, ses algorithmes cachés,
Cent mille jeunes l'an dernier sans une place où aller,
Le nom de ton lycée te suit comme une étiquette dans le dos,
Et l'on t'explique que c'est juste : la machine l'a dit, c'est beau.
[Refrain]
[Couplet 3]
À la rentrée, ça craque, à Caen, à Villeneuve-d'Ascq d'abord,
Puis quatre cents, cinq cents lycées, les poubelles devant les portes,
Pécresse en ferme cent soixante, on barricade, on attend,
Et le gouvernement découvre qu'il y a un problème… depuis dix ans.
Jupiter, lui, est à Doha, il lâche entre deux contrats :
« Parcoursup a, sans doute, beaucoup de choses à améliorer », voilà !
Cinq jours plus tard, son ministre l'enterre pour deux mille vingt-huit,
Quinze mille places sur la table… « des miettes », et l'affaire est dite.
[Pont]
Un historien l'a dit, sans détour :
« Il a été présent devant la presse… mais pas en Conseil des ministres. »
L'école, c'était son domaine réservé.
Il se l'est réservée… et il l'a laissée tomber.
[Couplet 4]
Même les maths qu'on avait chassées reviennent par la petite porte,
Une épreuve anticipée en juin : on rapièce, on colmate, on reporte,
Le bac de Blanquer, on le démonte pièce par pièce,
Et Parcoursup, l'enfant chéri, on l'enterre en vitesse.
À quelques mois de la fin, il ne reste rien du grand dessein,
Un comité, des promesses : le prochain gouvernement verra demain,
Une génération de cobayes a servi de terrain d'essai,
Et Jupiter remonte sur l'Olympe, en laissant le chantier aux suivants.
[Refrain]
[Outro]
Jupiter en paroles…
Et l'école en ruines.