Ce qui s'est passé
Mardi 27 octobre 2026, à l'Arkéa Arena de Bordeaux, le rappeur Orelsan dévoile un nouveau titre, « XXX », sorti le 29 octobre à minuit : « J'ai les fachos sur mes côtes parce que je voudrais qu'ils s'étouffent, je veux pas que les fachos m'écoutent. En gros, j'suis le contraire de CNews. Ils veulent manger du porc et chanter du Sardou. » En juin, dans son Boss Cypher, il souhaitait déjà aux convives du banquet du Canon français, à Caen, de s'étouffer.
Qui sont ces « fachos » ? Le boucher, la mamie, le gars du coin, la moitié de sa salle : les Français ordinaires qui regardent la première chaîne d'information du pays et qui lui ont acheté ses disques. Cette chanson, écrite dans son style, lui retourne la question et démonte le fantasme de l'extrême droite : un croquemitaine sans visage, un ennemi qui rapporte sans risque. Elle rappelle aussi le parcours du fils d'un principal de collège et d'une professeure des écoles, diplômé de l'École de management de Normandie : « Sale pute » (2009, relaxe en 2016), la pétition de 13 000 signatures pour l'insulte aux Mongols dans « L'odeur de l'essence » (2021), le tacle à la famille Mbappé (« le mec a pas un rond », novembre 2025), le film « Yoroï » septième du box-office, 12 Victoires de la musique et une décoration de chevalier des Arts et des Lettres.
En ouverture, la vraie voix de l'édito de Laurent Tessier sur Europe 1 (29 octobre 2026). Images des clips et du concert, captures d'articles de presse. Satire : exagération et second degré.
Paroles
[Couplet 1]
Salut, c'est le fils du principal, le gamin d'Alençon,
École de commerce, Victoires de la musique, et champion des leçons.
Il a fait sa carrière en disant « sale pute » dans un micro,
Aujourd'hui il fait la morale, c'est le même mec, mais en costard de héros.
Il monte sur scène à Bordeaux, l'Arkéa pleine à craquer,
Vingt mille personnes ont payé, et lui, il va les trier.
« J'veux pas que les fachos m'écoutent » : d'accord, mais c'est qui, les fachos ?
Ceux qui mangent du porc le dimanche, ceux qui chantent Sardou en auto ?
[Refrain]
J'veux pas que les fachos m'écoutent…
Mais qui c'est, les fachos, Aurélien ? Dis-nous, on t'écoute.
C'est le boucher, c'est la mamie, c'est le gars du coin,
C'est la moitié de la salle, et c'est eux qui payent ton pain.
J'veux pas que les fachos m'écoutent…
Le facho, c'est un fantasme, un croquemitaine pour les gens doux,
Tu le cherches dans ton public… et tu trouves la France, c'est tout.
[Couplet 2]
Il dit qu'il est le contraire de CNews, la chaîne numéro un,
Des millions de Français le soir, donc le contraire, c'est personne, c'est rien.
En juin, dans son freestyle, il souhaitait à des convives
De s'étouffer sur un banquet, à Caen, sa ville : charmant, le pacifiste.
Lui qui chantait les Mongols avec une pétition dans le dos,
Lui qui a rimé sur les femmes à coups de bâton dans les mots,
Il a trouvé le bon ennemi, celui qui rapporte sans risque :
Taper l'extrême droite, c'est gratuit, ça paye, et ça fait disque.
[Refrain]
[Couplet 3]
Il a tacle Mbappé, le gosse de Bondy lui a répondu :
« Le mec a pas un rond » ; le rappeur a parlé d'incompréhension, et puis s'est tu.
Son film de samouraï a fini septième, les salles vides au bout d'une semaine,
Alors il revient sur le terrain où l'applaudissement est certain.
Chevalier des Arts et des Lettres, décoré par la République,
Il fait le rebelle à Bercy, avec le ministère en boutique.
Le vrai courage, Aurélien, c'est pas de cracher sur Sardou,
C'est de dire à ton public ce qu'il pense, sans le traiter de fou.
[Pont]
Le facho, chez toi, c'est pratique : il a pas de visage, il a pas de nom.
C'est la France des petites villes, celle qui t'a acheté tes disques, pour de bon.
Tu leur dis de changer de playlist.
Ils vont le faire. Et ils ne reviendront pas.
[Couplet 4]
On va manger du porc, écouter Sardou, et regarder la chaîne,
On va chanter tes vieux refrains sans toi, ça fera moins de peine.
T'avais écrit « Basique » : simple, basique, tout le monde pouvait comprendre,
T'as fini « élitique », « moralique », à nous dire qui on doit être, qui on doit attendre.
Tu voulais pas de fachos ? Regarde, ils sortent par la grande porte,
Des gens normaux, des gens tranquilles, et la France qui t'emporte.
Reste avec ton public trié, tes bons élèves, tes bons lecteurs,
Nous, on garde le saucisson, Sardou, et le vrai goût de la liberté, monsieur le chanteur.
[Refrain]
[Outro]
Ils mangent du porc, ils écoutent Sardou…
Et ils t'écoutaient aussi. Tant pis pour toi.