JORDAN, ASSUME ET FONCE ! ON ÉTAIT TOUS CONS À 17 ANS !
Ce qui s'est passé
Lundi 28 septembre 2026, la France apprend l'existence d'un document d'une importance historique : un Messenger de 2013. Mediapart, après « plusieurs mois d'enquête », attribue à Jordan Bardella, alors âgé de 17 ans, des conversations privées où l'on lit « Toutes les banques sont détenues par des Juifs », « un Nouvel Ordre Mondial dominé par Israël, avec bien sûr Jérusalem comme capitale », et une admiration déclarée pour Alain Soral et Dieudonné. Le 1er octobre, le journal publie ses captures d'écran, extraites auprès de Meta et constatées par huissier.
L'intéressé nie tout : « Ces propos sont parfaitement délirants. Ils ne sont pas les miens. » Il parle de « faux grossiers », de « pseudo-preuves », d'« une opération de barbouzerie » montée pour « tuer ma carrière politique », et porte plainte pour diffamation puis pour faux et usage de faux. Marine Le Pen, sur LCI, livre la phrase qui ouvre cette chanson : « Ce n'est pas que ce n'est pas un sujet, c'est que c'est une dinguerie. » Puis elle conseille à Mediapart d'« enfiler son costard en Kevlar ».
En face, Emmanuel Macron juge les propos « gravissimes et inacceptables », La France insoumise y voit « l'héritage du Rassemblement national ». Et le fondateur de Mediapart, Edwy Plenel, regarde tout cela du haut de sa longue mémoire. Il sait de quoi il parle : en 1972, à 20 ans, sous le pseudonyme de Joseph Krasny, il écrivait dans Rouge, à propos du massacre des athlètes israéliens de Munich, qu'« aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir ». En 2018, il expliquait que ce texte exprimait « une position que je récuse fermement aujourd'hui ». Lui a donc eu le droit de grandir. Bonne nouvelle : le droit existe.
Cette chanson ne tranche pas la question que la justice tranchera : ces messages sont-ils de lui ? Elle en pose une autre. Si, après treize ans de fouilles et des dizaines d'enquêtes, le pire que l'on trouve sur le président du premier parti de France tient dans une capture d'écran de ses 17 ans, que reste-t-il à lui reprocher depuis ? Et qui, parmi nous, accepterait d'être jugé sur ses certitudes de terminale et ses théories de deux heures du matin ?
On était tous cons à 17 ans. Jordan, assume et fonce.
Satire, évidemment : les citations sont réelles et sourcées (Mediapart, LCI, CNEWS, Le Parisien, franceinfo), l'archive de Rouge aussi, le reste est une chanson. Au moins, on vous le dit.