Ce qui s'est passé
🚜 À partir du 1er septembre 2026, les entreprises assujetties à la TVA devront pouvoir recevoir leurs factures sous format électronique via une plateforme agréée. Dans le monde agricole, cette transition inquiète une partie des exploitants. À Saint-Jean-la-Poterie, dans le Morbihan, Olivier Niol, agriculteur bio de 57 ans avec son épouse Béatrice, travaille encore sans smartphone et tient sa comptabilité sur papier. Il résume la difficulté par une formule reprise dans l’actualité : « Pendant les foins, c’est intenable ». Une enquête Ifop pour Cerfrance indique que 61 % des agriculteurs interrogés voient cette transition comme une source de stress et 69 % comme une contrainte.
La chanson part de cette réalité très concrète : trente hectares, des volailles, des petits fruits, des chèques, du liquide, du papier et des journées de récolte qui ne s’arrêtent pas pour remplir un formulaire. Elle reprend aussi les mots d’Olivier Niol sur le « remembrement numérique » et réclame une administration qui s’adapte aux horaires et aux contraintes du travail agricole plutôt que l’inverse. Comme toute satire, cette chanson utilise l'exagération, le second degré et la caricature pour nourrir le débat public.
Musicalement, le morceau prend la forme d’une chanson folk rurale française portée par accordéon diatonique, violon, dulcimer, basson, cornet et percussions sèches. Une voix masculine médium, volontairement rugueuse et proche, donne au refrain une couleur populaire et terrienne.
Paroles
[HOOK]
« Pendant les foins, c’est intenable »
Nous, notre bureau, c’est dans les champs !
Vous voulez tout mettre sur vos plateformes ?
Venez donc travailler avant !
[COUPLET 1]
À Saint-Jean-la-Poterie, Olivier tient sa ferme,
Trente hectares avec Béatrice, sans grand système.
Volailles, petits fruits, vendus tout près du coin,
Un chèque ou du liquide, et l’affaire va bien.
« Moi, je n’ai toujours pas de smartphone »,
Et leur compta tient encore sur papier.
Mais on leur promet la vie plus simple :
Encore un écran qu’il faudra surveiller !
[PRÉ-REFRAIN]
Quand le foin sèche, faut rentrer la récolte,
Pas chercher une plateforme avant la nuit !
Vous appelez ça « simplification » ?
Nous, on veut pouvoir travailler aussi !
[REFRAIN]
PENDANT LES FOINS, C’EST INTENABLE !
PENDANT LES FOINS, C’EST INTENABLE !
Nos mains sont dans les champs, pas sur vos écrans,
Faites l’administration pour les paysans !
PENDANT LES FOINS, C’EST INTENABLE !
[COUPLET 2]
Six paysans sur dix vous parlent déjà de stress,
Sept sur dix disent surtout : quelle contrainte !
On leur demande encore de changer leurs habitudes,
Comme si les foins attendaient devant l’ordinateur.
Olivier, lui, lui donne un nom très clair :
« Moi, j’appelle ça le remembrement numérique. »
« Après, on n’aura plus personne en face de nous :
Tout sera numérisé. » Voilà ce qu’on redoute.
[PRÉ-REFRAIN]
Quand le foin sèche, faut rentrer la récolte,
Pas chercher une plateforme avant la nuit !
Vous appelez ça « simplification » ?
Nous, on veut pouvoir travailler aussi !
[REFRAIN]
PENDANT LES FOINS, C’EST INTENABLE !
PENDANT LES FOINS, C’EST INTENABLE !
Nos mains sont dans les champs, pas sur vos écrans,
Faites l’administration pour les paysans !
PENDANT LES FOINS, C’EST INTENABLE !
[PONT]
On ne demande pas d’arrêter le progrès,
On demande qu’il s’adapte au travail réel.
Aux volailles, aux récoltes, aux journées qui débordent,
Pas aux horaires bien rangés derrière une porte.
Gardez donc vos outils, mais laissez-nous quelqu’un,
Une voix au téléphone quand ça bloque au matin.
La ferme n’est pas un bureau de neuf à cinq :
Les foins ne vont pas attendre qu’on ait fait clic.
[DERNIER REFRAIN]
PENDANT LES FOINS, C’EST INTENABLE !
PENDANT LES FOINS, C’EST INTENABLE !
Nos mains sont dans les champs, pas sur vos écrans,
Faites l’administration pour les paysans !
PENDANT LES FOINS, C’EST INTENABLE !