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« Madame attend que la France tombe » : Lagarde quitte la BCE pour sauver la Macronie

7 novembre 20264:58
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Ce qui s'est passé

Le 29 octobre 2026, Christine Lagarde, 70 ans, annonce qu'elle quittera la présidence de la Banque centrale européenne le 7 février 2027, neuf mois avant la fin de son mandat, « pour avoir la liberté de parole, la liberté d'expression et la liberté de m'engager sur des sujets qui ne relèvent pas de la politique monétaire ». Depuis juin, elle répète qu'elle n'est « candidate à rien », mais qu'elle « s'exprimera » si « l'ancrage européen de la France est en danger ». Bruno Le Maire la voit parmi « les rares personnalités » aptes à la présidence (LCI, 29 octobre) ; RTL titre « Christine Lagarde candidate : le scénario surprise » (2 novembre) ; Odoxa la place à 32 % des souhaits pour une primaire droite-centre (Le Figaro, 5 novembre).

Pendant ce temps, la France : dette publique de 3 595,5 milliards d'euros, soit 119,0 % du PIB (INSEE, 2e trimestre 2026) ; déficit de 5,1 % en 2025 et 5,4 % attendu en 2026 ; taux à 10 ans passé au-dessus de 5 % le 21 octobre 2026, une première depuis 2002 ; perspective « négative » chez Fitch (30 octobre) comme chez Moody's ; partie recettes du budget 2027 rejetée par l'Assemblée nationale le 4 novembre, par 458 voix contre 0.

Le parcours évoqué dans la chanson : ministre de l'Économie de Nicolas Sarkozy (2007-2011) ; arbitrage Tapie (403 millions d'euros en 2008), pour lequel la Cour de justice de la République l'a déclarée coupable de « négligence » et dispensée de peine le 19 décembre 2016 ; directrice générale du FMI (2011-2019), avec un salaire exonéré d'impôt, qui déclarait en mai 2012 que les Grecs devaient « commencer par payer leurs impôts » ; présidente de la BCE depuis 2019 ; pressentie pour présider le Forum économique mondial de Davos.

Pour être exact : Christine Lagarde n'a annoncé aucune candidature, et elle n'a jamais employé le mot « chaos » au sujet de la France. L'idée qu'elle « attend que la France tombe » est une lecture satirique de ce calendrier : un départ anticipé de la BCE, à trois mois de la présidentielle, au moment où le pays s'enfonce dans la dette et l'instabilité.

Paroles

[Intro] De sa tour de Francfort, elle regarde la France, Elle compte nos milliards comme on compte les jours, Elle a le temps pour elle, et le temps lui fait sens : Plus la France va mal, plus approche son tour. [Couplet 1] 3 600 milliards de dette, 119 % du PIB, Les taux passent les 5 %, les marchés font la loi, Un budget rejeté 458 voix à 0, Lecornu qui vacille, et Macron qui s'éteint. Alors le 29 octobre, la dame a décidé : Le 7 février elle quitte la Banque centrale, « Pour la liberté de parole », a-t-elle déclaré, Comme si la France attendait sa morale. [Refrain] Madame attend que la France tombe, Madame n'est « candidate à rien », Elle attend que tout s'effondre Pour descendre nous tendre la main. Dans cette main, l'austérité du FMI, Dans l'autre, le drapeau d'Emmanuel, Madame attend que la France tombe, Pour que la Macronie soit éternelle. [Couplet 2] Souvenez-vous, Madame, de l'arbitrage, 403 millions pour l'ami Tapie, « Négligente », a dit la Cour, sans dommage, Dispensée de peine, et retour à Washington. Souvenez-vous d'Athènes, des retraités en larmes, « Les Grecs doivent payer leurs impôts », disiez-vous, Vous qui ne payiez pas d'impôt sur votre paie, Vous donniez des leçons aux peuples à genoux. [Refrain] [Pont] Bruno vous trouve rare, Emmanuel vous salue, Davos vous veut aussi, le monde vous réclame, À 70 ans, vous n'avez rien perdu De cette certitude qui nous a coûté tant d'âme. Sarkozy, le FMI, la Banque centrale, Dix-neuf ans de sommets, et la France au fond du trou, Vous êtes de ce monde qui nous a fait tant de mal, Pas de ce pays qui se demande comment tenir debout. [Couplet 3] En 2027, quand tout sera par terre, Quand les Français n'en pourront plus de payer, On vous verra venir, si sérieuse, si austère, Avec le même remède que vous donniez aux Grecs. Mais les Français savent compter, Madame, Ils ont vu votre Europe et vu votre bilan, La France n'a pas besoin d'une sauveuse de plus, Elle a besoin qu'on lui rende son argent et son rang. [Dernier refrain] Madame attend que la France tombe, Madame n'est « candidate à rien », Elle attend que tout s'effondre Pour descendre nous tendre la main. Dans cette main, l'austérité du FMI, Dans l'autre, le drapeau d'Emmanuel, Madame, la France ne tombera pas, Et la Macronie n'est pas éternelle. [Outro] De sa tour de Francfort, elle regarde la France, Mais la France, Madame, ne vous regarde plus.