Ce qui s'est passé
Vendredi 30 octobre 2026, à Varsovie, des dizaines de policiers anti-émeute se déploient devant le Tribunal constitutionnel. Une juge élue par le Parlement mais que le président de la République Karol Nawrocki n'a jamais assermentée, Anna Korwin-Piotrowska, annonce la suspension pour 30 jours du président du Tribunal, Bogdan Święczkowski, et de son vice-président ; le même jour, le procureur général et ministre de la Justice Waldemar Żurek demande à pouvoir poursuivre Święczkowski. Le président suspendu fait couper la chaîne de la grille pour entrer ; trois personnes sont interpellées. Dehors, la foule prie le chapelet et crie « Tusk, traître ». Karol Nawrocki, en route vers Dakar, fait faire demi-tour à son avion au-dessus de l'Espagne : « Dans un tel moment, le Président doit être en Pologne. Je rentre. » Jarosław Kaczyński parle d'un « coup d'État » et d'un « État policier ». Donald Tusk, ancien président du Conseil européen, répond : « Rétablir l'État de droit est notre devoir… Il n'y a pas d'autre voie. » En décembre 2025, la Cour de justice de l'Union européenne avait jugé le Tribunal « pas indépendant » (arrêt C-448/23). Le 30 octobre au soir, aucune déclaration de la Commission européenne.
En ouverture, la vraie voix de Jarosław Kaczyński devant le Tribunal constitutionnel (14 octobre 2026). Images : Telewizja Republika, TVN24, TVP Info et manifestation du 17 octobre à Varsovie. Satire et chanson engagée.
Paroles
[Couplet 1]
Varsovie, le 30 octobre, l'après-midi tombe sur la Vistule,
Des casques et des boucliers devant le Tribunal, des fourgons qui s'avancent,
Une juge que le président n'a jamais assermentée
Suspend le président du Tribunal, trente jours, par simple annonce.
Le président suspendu fait couper la chaîne pour entrer, on interpelle,
Et dehors, une foule prie le chapelet sous le ciel,
« Tusk, traître ! » crie la rue, mais les fourgons sont alignés,
C'est ainsi qu'on « rétablit l'État de droit » quand on a les clés.
[Refrain]
Pologne, Pologne, tiens bon dans la tempête,
On t'a promis l'Europe, on t'envoie la police en tête,
Pologne, Pologne, ils disent « État de droit »,
Mais quand Bruxelles se tait, c'est que le droit, c'est eux, pas toi !
[Couplet 2]
Le président Nawrocki volait vers Dakar ce jour-là,
Au-dessus de l'Espagne, il fait faire demi-tour : « Je rentre, le président doit être là. »
Kaczyński devant les grilles : « La Pologne devient un État policier »,
Et Tusk, l'ancien président du Conseil européen, répond : « Il n'y a pas d'autre voie, c'est réglé. »
Un arrêt de la Cour de Luxembourg avait préparé le terrain,
Le Tribunal « n'est pas indépendant », écrivaient les juges de l'Union en décembre, avec des gants fins,
Alors on change les juges à la force des fourgons,
Et à Bruxelles, silence : quand c'est leur homme, on ne dit pas non.
[Refrain]
[Pont]
Imaginez un seul instant que ce soit Orbán.
Que ce soit Meloni.
Que ce soit un gouvernement de droite qui envoie la police au Tribunal constitutionnel.
Les sanctions tomberaient avant la nuit.
[Couplet 3]
La Pologne a connu les chars, les listes, les procès écrits d'avance,
Elle a prié sous Moscou, elle a gagné par la patience,
Elle sait reconnaître un pouvoir qui se dit démocrate
Et qui change les règles quand le peuple vote mal à la date.
[Refrain]
[Outro]
Pologne… tiens bon.