Ce qui s'est passé
🏝️ « L’ÎLE QUI CHANTE » est un chant corse contemporain consacré à la terre insulaire, à sa langue et à sa mémoire. Le texte traverse le Monte Cintu, Bavella, la Castagniccia, Piana et les villages de montagne, entre maquis, myrte, châtaigniers, bergeries de pierre, tours génoises et estives. Il évoque aussi ceux qui vivent loin de l’île, notamment à Marseille et Nice, et qui gardent ce lien vivant.
La chanson parle au nom d’un « nous » collectif : les anciens, les bergers, les familles, les morts dont les noms restent présents, ceux qui sont partis et ceux qui reviennent. Elle fait affleurer quelques mots corses — « A nostra terra », « I nostri anziani », « Sempre cun tè » — et inscrit le Dio vi salvi Regina dans une chaîne de transmission qui va des vieux aux enfants. Ici, la Corse n’est pas un décor : elle est une terre habitée, parlée et transmise.
Musicalement, le morceau s’inspire de la polyphonie corse et de l’esprit de la paghjella : trois voix masculines, ouverture presque nue, basse profonde, voix de ténor et ligne aiguë ornée, soutenues avec sobriété par la cetera et la mandoline. L’ensemble reste grave, fraternel et ample, avec une montée progressive des voix.
Paroles
[HOOK]
Corse, nous sommes de ta pierre,
Du maquis, du vent, de la mer.
A nostra terra, nous voilà,
Même de loin, nous revenons à toi.
[COUPLET 1]
L’immortelle embaume le chemin,
Le myrte parfume le matin.
Le Monte Cintu garde sa neige,
Au-dessus de la mer qui sommeille.
À Bavella, le granit se dresse,
En Castagniccia, l’arbre à pain reste.
Et dans la bergerie de pierre,
On parle encore comme nos pères.
[PRÉ-REFRAIN]
La seconda monte, une autre répond,
U bassu tient la terre du chant.
[REFRAIN]
CORSE, CORSE, A NOSTRA TERRA,
Nous ne t’oublierons pas.
I nostri anziani vivent dans nos voix,
Les noms de nos morts restent là.
CORSE, CORSE, SEMPRE CUN TÈ,
Tant qu’un enfant parlera corse,
Notre île ne s’effacera pas.
[COUPLET 2]
Les tours génoises gardent la mer,
Depuis cinq siècles face au large.
À Piana, le porphyre rouge
S’embrase au soleil qui se couche.
Les bergers remontent vers l’estive,
Le bâton en main, la marche vive.
Et sur la place du village,
Les anciens transmettent leur langage.
[PRÉ-REFRAIN]
La seconda monte, une autre répond,
U bassu tient la terre du chant.
[REFRAIN]
CORSE, CORSE, A NOSTRA TERRA,
Nous ne t’oublierons pas.
I nostri anziani vivent dans nos voix,
Les noms de nos morts restent là.
CORSE, CORSE, SEMPRE CUN TÈ,
Tant qu’un enfant parlera corse,
Notre île ne s’effacera pas.
[PONT]
Ceux de Marseille et ceux de Nice
Revoient le port, la vieille église.
Les femmes en noir gardent les noms,
Les chapelles veillent près des maisons.
Dio vi salvi Regina,
Monte encore de voix en voix.
Ce que les vieux nous ont transmis,
Nous le rendrons à nos petits.
[DERNIER REFRAIN]
CORSE, CORSE, A NOSTRA TERRA,
Nous ne t’oublierons pas.
I nostri anziani vivent dans nos voix,
Les noms de nos morts restent là.
CORSE, CORSE, SEMPRE CUN TÈ,
Tant qu’un enfant parlera corse,
Notre île ne s’effacera pas.