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CETTE CHANSON POUR LES NOMS GRAVÉS SUR LE MONUMENT DU VILLAGE VOUS DONNERA DES FRISSONS

14 août 20264:14
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🇫🇷 Dans des milliers de communes françaises, le monument aux morts reste l’un des lieux les plus visibles de la mémoire de 1914-1918. On en compte autour de 36 000 en France, élevés pour la plupart après la Grande Guerre, qui fit environ 1,4 million de morts français. Derrière les patronymes gravés apparaissent parfois des fratries entières. Verdun, Douaumont, Bar-le-Duc, Souilly et la Voie sacrée donnent ici un visage concret à cette mémoire, avec les convois, le courrier, les métiers laissés derrière soi et les familles qui attendent.

La chanson choisit le regard d’un enfant qui lit les noms un à un et découvre soudain quatre fois le même patronyme : quatre frères partis de la même ferme. Elle fait passer la pierre du statut de décor familier à celui de liste de vies interrompues, puis relie le monument du village aux tranchées de Verdun, à la boue de Douaumont et au geste simple du 11 novembre, lorsque le maire vient fleurir la stèle. Son refrain, « LIS LEURS NOMS À VOIX HAUTE ! », transforme la lecture des noms en acte de mémoire partagé.

Ballade mémorielle française, lente et solennelle, portée par un grand piano, un violoncelle solo, des altos, des cors, un cor anglais et une caisse claire militaire discrète. Une voix grave de basse-baryton mène le récit, soutenue par un chœur mixte dans les passages les plus amples.

Paroles

[HOOK] Nous passions devant sans lever les yeux, Trente-six mille stèles sous le même ciel bleu. Un enfant lit les noms, lentement, un par un, Puis quatre fois de suite il relit le même nom. [COUPLET 1] Quatre frères partis de la même ferme, Quatre prénoms gravés dans la pierre grise. Dix-neuf ans pour l'un, vingt-deux pour son frère, Le courrier dans la poche, les pieds pris dans la boue. En mille neuf cent seize, nous montons vers Verdun, La Voie sacrée travaille encore dans la nuit. [PRÉ-REFRAIN] La soupe monte la nuit jusqu'au bord des boyaux, Nos lettres redescendent vers la maison là-haut. [REFRAIN] LIS LEURS NOMS À VOIX HAUTE ! LIS LEURS NOMS À VOIX HAUTE ! Un par un devant la stèle, LIS LEURS NOMS À VOIX HAUTE ! [COUPLET 2] À Douaumont, la boue colle aux souliers, Les bois sont fracassés, les chemins retournés. De Bar-le-Duc à Souilly montent les convois, Le pain, les caisses, les hommes passent dans le froid. Nous avions un métier, une table, un outil, Une mère qui guettait le facteur devant l'huis. [PRÉ-REFRAIN] Un carrier, un paysan, un ouvrier, Et le même vieux courrier cent fois déplié. [REFRAIN] LIS LEURS NOMS À VOIX HAUTE ! LIS LEURS NOMS À VOIX HAUTE ! Un par un devant la stèle, LIS LEURS NOMS À VOIX HAUTE ! [PONT] Le onze novembre, le maire fleurit la stèle, Nous venons avec nos enfants jusqu'à la pierre. Le même nom revient : une fois, deux fois, trois, Puis quatre — quatre frères — et l'enfant baisse la voix. Nous sommes dans la boue, dans le courrier plié, Dans la soupe de nuit qu'on portait aux tranchées. Ces noms sont à nous tous, personne ne les prend, Nous les lisons ensemble, simplement, lentement. [DERNIER REFRAIN] LIS LEURS NOMS À VOIX HAUTE ! LIS LEURS NOMS À VOIX HAUTE ! Un par un devant la stèle, LIS LEURS NOMS À VOIX HAUTE !