Ce qui s'est passé
Rentrée littéraire 2026. Sur le plateau de La Grande Librairie, Augustin Trapenard reçoit Thélyson Orélien pour son premier roman, « C'était ça ou mourir » (Grasset), déjà « phénomène d'édition » au Québec, en cours de traduction dans une vingtaine de pays, et présenté comme « un roman nécessaire ».
Autour de la table, c'est l'extase. Yannick Haenel : « Ce livre, c'est un événement. Ça n'a jamais été écrit avant. C'est de la grande littérature. » Amélie Nothomb : « C'est vraiment un tour de force, votre livre. » Luz : « Le siècle d'avant a manqué de Hugo, et là vous arrivez avec quelque chose qui est absolument hugolien. » Et cette phrase prophétique : « Je pense qu'ils vont recopier votre livre. »
D'autres internautes exhument d'anciens textes de l'auteur, truffés de traductions littérales de l'anglais. Grasset dénonce une « campagne de haine », le président du Goncourt réclame des « preuves irréfutables » avant le 6 octobre, et une partie de la presse crie à la cabale raciste montée par des groupuscules.
Pendant ce temps, quand une journaliste québécoise lui demande de parler de son livre, l'auteur reste muet. « Vous êtes bien peu loquace ce matin. »
Cette chanson satirique est construite uniquement à partir des mots des critiques eux-mêmes, prononcés sur le plateau, remontés et répétés tels quels. Elle se moque, avec humour et ironie, d'une critique qui s'est emballée devant un livre que personne ne semblait avoir lu de très près, et de ceux qui, plutôt que de répondre sur le fond, préfèrent traiter les sceptiques de racistes.
Comme toute satire, cette chanson utilise l'exagération, le second degré et la caricature pour nourrir le débat public.
Au moins, on vous le dit.
Extraits vidéo : La Grande Librairie (France Télévisions) et une entrevue matinale québécoise. Chanson : montage des paroles des intervenants, musique générée.
Paroles
[Intro]
Mais ce livre, c'est un événement.
Oui.
Mais ce livre, c'est un événement.
Oui.
[Couplet 1]
Ça n'a jamais été écrit avant, c'est la première fois,
avec une telle langue.
Quand il y a une langue comme ça,
quand il y a une langue poétique pour dire l'indicible,
alors la mort n'a pas le dernier mot.
[Refrain]
C'est de la grande littérature.
c'est vraiment un tour de force, votre livre.
C'est de la grande littérature.
absolument hugolien.
Mais ce livre, c'est un événement. Oui.
[Couplet 2]
Il y a une verve constante,
Moi aussi j'étais absolument bouleversé,
j'ai été embarqué aussi par une langue que j'ai trouvée absolument...
L'universalité de la langue qu'il y a dans le livre,
Le siècle d'avant a manqué de Hugo,
et là vous arrivez avec quelque chose qui est absolument hugolien.
[Refrain]
C'est de la grande littérature.
c'est vraiment un tour de force, votre livre.
C'est de la grande littérature.
absolument hugolien.
Mais ce livre, c'est un événement. Oui.
[Couplet 3]
Chaque phrase porte en elle une possibilité d'aphorisme.
Je sais pas s'il y a des sites comme ça, genre Babelio,
où ils font des citations, machin...
Ils vont être obligés de mettre les 800 pages...
Je pense qu'ils vont recopier votre livre.
Ah oui ?
Je pense qu'ils vont recopier votre livre.
Ah oui ?
[Couplet 4]
Il y a une scène, pardon,
il y a une traversée de forêt.
C'est à la fois stupéfiant, cette jungle,
qui, paraît-il, est la pire au monde, enfin, à traverser,
et il y a le déploiement d'une vélocité du verbe
parce que...
[Pont]
C'est marrant, je me suis complètement perdu aussi dans...
Pas perdu mais... Embarqué dans l'aventure de votre personnage,
et j'ai oublié... J'ai dit, je suis dans l'homme qui rit de Gwynplaine, avec Gwynplaine.
J'étais dans une aventure, et tout d'un coup, paf,
il y a un truc qui m'a rappelé à la réalité.
Il y avait tout d'un coup le mot Trump.
Et tout d'un coup, je me suis dit, mais c'est maintenant.
C'est maintenant.
Il fallait ce livre maintenant.
[Refrain final]
C'est de la grande littérature.
c'est vraiment un tour de force, votre livre.
absolument hugolien.
Je pense qu'ils vont recopier votre livre.
Mais ce livre, c'est un événement. Oui.
C'est de la grande littérature.
Oui.
dans votre livre, c'était ça, où mourir ?
[Outro]
C'est un véritable conte de fées que vous vivez, non ?
Bon...
Vous êtes bien peu loquace ce matin.