Ce qui s'est passé
🇫🇷 À Saint-Denis, la mobilisation lycéenne pour davantage de moyens a placé Bally Bagayoko au centre d’une polémique. Le maire LFI s’est rendu devant le lycée Paul-Éluard pour soutenir les élèves. Une séquence de quinze secondes, largement relayée, le montre souriant et esquissant quelques pas près d’une poubelle en feu. Son entourage affirme que la vidéo est « coupée » et que d’autres images le montrent participant à l’extinction du feu. Les élèves réclament notamment de meilleures conditions d’étude et davantage de personnels.
« Qui paiera les dégâts ? » part de cette image devenue virale pour opposer le temps des caméras à celui de l’après : mobilier à remplacer, transports perturbés, établissements à faire fonctionner et habitants qui continuent leur quotidien. La chanson reprend aussi la défense du maire et les revendications des lycéens, avant de réclamer des professeurs, des surveillants et des élus qui assument leur rôle. Comme toute satire, cette chanson utilise l'exagération, le second degré et la caricature pour nourrir le débat public.
Musicalement, c’est un rock français de protestation à 106 BPM : grosse guitare électrique grave, basse rugueuse, batterie martelée et caisse claire sèche. Une voix masculine éraillée mène des couplets presque parlés avant un refrain collectif scandé comme dans une salle de concert.
Paroles
[INTRO]
Monsieur le maire,
Quand la poubelle brûle,
Qu'est-ce qui vous fait danser ?
[COUPLET 1]
Saint-Denis, devant Paul-Éluard,
Une poubelle en feu au bord du trottoir.
Bally Bagayoko sourit, esquisse un pas :
Quinze secondes, et toute la France voit ça.
Des classes bondées, des profs jamais remplacés,
Ni infirmière ni surveillant dans l'escalier.
Ces gamins-là ont cent raisons de crier,
Mais quel prof revient quand le maire vient danser ?
[PRÉ-REFRAIN]
Les applaudissements vont retomber,
Le bac fondu, faudra le remplacer.
Quand les caméras auront plié,
Qui restera pour réparer ?
[REFRAIN]
QUI PAIERA LES DÉGÂTS ?
C'est encore nous, encore nous !
Les beaux discours n'y changent pas,
La facture, c'est toujours pour nous !
Nos rues, nos classes, nos quartiers,
Ça vaut mieux qu'un nuage de fumée !
QUI PAIERA LES DÉGÂTS ?
C'est encore nous, encore nous !
[COUPLET 2]
La France insoumise, écoutez bien :
Nos rues ne sont pas vos tremplins.
La colère d'un lycée, c'est une vraie demande,
Pas un décor pour vos clips de propagande.
Vous voulez parler au nom des quartiers ?
Parlez pour ceux qui partent travailler,
Pour la boulangère qui relève son rideau,
Pour l'aide-soignante dans le premier métro.
Un bus brûlé, c'est un trajet perdu,
Pas un ministre qu'on aurait vaincu.
Casser le bien de celui d'à côté,
N'a jamais ramené un seul prof au lycée.
[PRÉ-REFRAIN]
Si le chaos vous sert de scène,
Qui porte le poids de la semaine ?
Quand les caméras auront plié,
Qui restera pour réparer ?
[REFRAIN]
QUI PAIERA LES DÉGÂTS ?
C'est encore nous, encore nous !
Les beaux discours n'y changent pas,
La facture, c'est toujours pour nous !
Nos rues, nos classes, nos quartiers,
Ça vaut mieux qu'un nuage de fumée !
QUI PAIERA LES DÉGÂTS ?
C'est encore nous, encore nous !
[PONT]
Votre entourage parle d'une « vidéo coupée » :
Vous auriez aidé à l'éteindre, ce foyer.
Admettons, monsieur le maire, on veut bien le croire,
Mais ces pas de danse, c'était pour quelle histoire ?
On peut défendre une jeunesse en colère
Et lui parler les deux pieds sur terre.
On peut réclamer des moyens pour demain
Sans faire du désordre un bulletin.
[MONTÉE]
Des profs devant les classes !
Des surveillants dans les couloirs !
Des élus qui tiennent leur place,
Pas des danseurs sur le trottoir !
[DERNIER REFRAIN]
QUI PAIERA LES DÉGÂTS ?
C'est encore nous, encore nous !
Les beaux discours n'y changent pas,
La facture, c'est toujours pour nous !
Nos rues, nos classes, nos quartiers,
Ça vaut mieux qu'un nuage de fumée !
QUI PAIERA LES DÉGÂTS ?
C'est encore nous, encore nous !
[OUTRO]
Les caméras peuvent s'en aller.
Nous, c'est ici qu'on doit rester.