Ce qui s'est passé
Vendredi 6 novembre 2026, gare Montparnasse : une trentaine de militants d'Alternatiba et d'Action non-violente COP21 (34 selon leur communiqué) vident en quelques minutes le présentoir des quotidiens, une partie des magazines et quelques livres du Relay, sous une banderole « La propagande d'extrême-droite tue » et des rubans « scène de crime climatique ». Une vingtaine de cartons sont déposés à l'entrée ; les salariés remettent tout en rayon. Ils emportent aussi Le Monde, ce qu'une cliente leur fait remarquer ; un autre client lance : « Ce n'est pas ça la démocratie ! » Leur porte-parole, Zoé Pélégry : « Si vous ne déménagez pas Bolloré hors de nos gares, c'est nous qui le ferons. » Aucune interpellation ; au 8 novembre, ni Relay, ni Lagardère, ni la SNCF n'avaient réagi publiquement. Le 7 novembre, Jordan Bardella : « Quelle est la prochaine étape pour ces livres… : le bûcher ? »
La série : dédicaces de Bardella empêchées ou attaquées (Le Mans, décembre 2024, une centaine de manifestants), ses livres maculés d'encre dans un Relay du Havre (janvier 2025), farine à Vesoul (25 novembre 2025), œuf à Moissac (29 novembre 2025, six mois avec sursis), manifestation à Hénin-Beaumont (5 novembre 2026) ; affiches du dernier livre de Philippe de Villiers retirées des bus de La Rochelle (octobre 2026) ; pétition pour supprimer CNews à plus de 950 000 signatures, et LFI le 2 novembre : « demander la fermeture de CNews est un acte d'intérêt général ».
Le refrain cite Heinrich Heine (Almansor, 1821) : « Ce n'était là qu'un prélude : là où l'on brûle des livres, on finit aussi par brûler des hommes. » Le 10 mai 1933, à Berlin, 20 000 à 25 000 livres étaient brûlés sur l'Opernplatz après un discours de Goebbels.
Pour être exact : à Montparnasse, rien n'a été brûlé ni emporté hors de la gare, et les militants parlent de « déménagement » ; la chanson y voit un prélude, pas un bûcher. Le Relay est exploité par Lagardère Travel Retail (groupe contrôlé par Bolloré depuis fin 2023).
Paroles
[Intro]
Ils sont entrés à trente dans une gare de Paris,
Avec des cartons vides et des rubans de scène de crime,
Ils ont vidé les rayons, les journaux et les livres,
Et ils ont dit : c'est pour la démocratie.
[Couplet 1]
Vendredi 6 novembre, gare Montparnasse,
« La propagande tue », disait la banderole,
Ils emportent tout, même Le Monde qui passe,
Une cliente s'étonne, ils n'écoutent pas, ils volent.
Pas un policier, pas une plainte, pas un mot,
La vendeuse ramasse ce qu'ils ont jeté par terre,
Et le soir, ils se filment, fiers comme des héros :
Ils ont vaincu des livres, ils ont gagné la guerre.
[Refrain]
Là où l'on brûle des livres,
On finit par brûler des hommes,
Ils n'ont pas encore allumé le feu,
Mais ils ont déjà rempli les cartons.
Ce n'était qu'un prélude, disait le poète,
Réveillez-vous, Français, avant la fin de la fête,
Ce n'était qu'un prélude.
[Couplet 2]
Au Havre, de l'encre noire sur les pages d'un livre,
À Vesoul de la farine, à Moissac un œuf,
Au Mans, cent cagoules devant une librairie,
Pour qu'un auteur de droite ne signe pas chez eux.
Et 950 000 signatures pour fermer une chaîne,
Un parti qui applaudit : « acte d'intérêt général »,
Ils ne discutent plus, ils font taire, ils déchaînent,
Et ils appellent ça le camp du bien, le camp moral.
[Refrain]
[Pont]
Berlin, 10 mai 1933, une place, un bûcher,
20 000 livres en flammes et des étudiants qui chantent,
Ils croyaient eux aussi nettoyer la pensée,
Ils croyaient eux aussi que leur cause était sainte.
Heine l'avait écrit cent ans avant la nuit :
Le feu qui prend aux livres ne s'arrête jamais là,
Et ceux qui vident les rayons aujourd'hui
Ne savent pas encore jusqu'où ça les mènera.
[Couplet 3]
« Ce n'est pas ça, la démocratie », a crié un passant,
Et il avait raison contre les trente cagoules,
La démocratie, c'est le livre qu'on n'aime pas,
Posé sur le rayon, à côté du tien, sans qu'on le brûle.
On lit, on répond, on vote, on se dispute,
Mais on ne vole pas la parole des autres,
Ceux qui vident les kiosques préparent d'autres chutes,
Et demain, ce sera ton journal, puis le nôtre.
[Dernier refrain]
Là où l'on brûle des livres,
On finit par brûler des hommes,
Ils n'ont pas encore allumé le feu,
Mais ils ont déjà rempli les cartons.
Ce n'était qu'un prélude, disait le poète,
Réveillez-vous, Français, avant la fin de la fête,
Ce n'était qu'un prélude.
[Outro]
Un livre dans un carton, ce n'est qu'un carton,
Mais une France qui laisse faire, c'est déjà une prison.