Ce qui s'est passé
Le Caire, 1955. Pardon : Paris, 24 septembre 2026, 20 heures. Un homme entre sur le plateau de France 2, la mèche impeccable, le regard de celui qui a déjà répondu à la question avant qu'on la pose. Il salue Gilles. Il salue Caroline. Il salue tout le monde, deux fois. Cet homme, c'est Hubert Bonisseur de la Bath, agent OSS 117, en mission spéciale à l'Élysée depuis 2017 sous le nom de code « Emmanuel ».
Sa couverture est parfaite. Il a vu le prince héritier d'Arabie saoudite. Il a vu le président nigérien. Il a vu, il y a deux jours, le président Zelensky. Il a vu tout le monde, ici même. Il pèse. Il connaît la complexité du réel, et il tient à ce que vous sachiez qu'il la connaît. C'est son boulot. C'est son boulot. Et ça lui semblait être son devoir.
Pendant ce temps, dans la vraie vie, la mission tourne un peu moins bien que dans le film. Le 12 septembre, le baromètre Ipsos BVA-Cesi pour La Tribune Dimanche lui accorde 16 % de jugements favorables : son plus bas niveau depuis 2017, pire que pendant les Gilets jaunes. Sur le plateau, on lui rappelle le reste : des taux d'intérêt à 4,6 %, une France qui emprunte plus cher que toute la zone euro, 1 400 milliards de dettes évoqués à l'antenne, des caisses vides, l'essence à 2,20 € et le gazole à 2,40 €, une dissolution qualifiée de catastrophique, 54 milliards d'efforts demandés aux Français, et « c'était le purgatoire, là, c'est un peu l'enfer ».
Réponse de l'agent : il ne regrette rien. Pas du tout le quoi qu'il en coûte. Rien des deux premiers tiers. Il n'a jamais laissé les Français de côté. Il a remis le pouvoir aux Français, et qu'est-ce qu'il y a de plus démocratique que ça. Il n'est pas les forces politiques du pays. Il lit la presse et il regarde les sondages, ça peut lui arriver. Et si un mouvement social se lève, il peut y participer, parce que lui aussi il est contre ces guerres. Comment est votre blanquette ?
Cette chanson est construite uniquement avec les mots du Président, prononcés ce soir-là, remontés, répétés et remis dans l'ordre qui leur va le mieux. Personne d'autre ne parle. Il se suffit.
Comme toute satire, cette chanson utilise l'exagération, le second degré et la caricature pour nourrir le débat public.
Au moins, on vous le dit.
Paroles
[Intro]
Bonsoir Gilles.
Bonsoir Caroline.
Bonsoir à tous les deux.
Écoutez,
je vais répondre à votre question très précisément,
La réponse est oui.
[Couplet 1]
Vous m'avez vu recevoir le prince héritier d'Arabie Saoudite,
J'ai vu également le président nigérien,
j'ai vu il y a deux jours le président Zelensky,
Ici même,
Ici même, un an plus tard,
entre grands pays, entre grandes économies,
autour d'un écran,
la France a une grande diplomatie, on pèse
C'est mon boulot,
C'est mon boulot,
et ça me semblait être mon devoir.
[Refrain]
Je n'ai jamais laissé les Français de côté.
Non, je ne regrette pas du tout le quoi qu'il en coûte,
la complexité du réel que je connais.
C'est factuel.
Donc ça, oui.
C'est factuel.
Et je le ferai jusqu'au bout.
[Couplet 2]
Je vois que certains sont obligés de renoncer à des choses de la vie les plus intimes.
Ils sont mal dans leur vie.
Ils sont mal dans leur vie.
Bon, donc c'est pas négligeable.
Il faut bien comprendre ce qui est en train de se passer.
ils ne peuvent pas s'affranchir du réel.
Je pense que c'est très important,
Cauchemardesques, pardon.
vous êtes français, soyez patriotes,
ne faites pas de gras sur nous.
Non, non, non.
[Refrain]
[Pont]
j'ai remis le pouvoir aux Français.
qu'est-ce qu'il y a de plus démocratique que ça ?
Je pense qu'il faut arrêter de culpabiliser les Français.
Mais je ne suis pas les forces politiques du pays.
je lis la presse et je regarde les sondages.
Ça peut m'arriver,
je peux y participer, parce que moi aussi je suis contre ces guerres.
c'est de la guerre point, c'est de la guerre.
Donc ça, je peux vous dire non.
La réponse est oui.
Jamais.
Mais bien sûr.
[Couplet 3]
Quand j'ai été élu, il y avait quasiment 1 %
Aujourd'hui, on est à plus de 45 %.
Je le prends pour moi,
Je le prends pour moi,
Bon. Je ne regrette rien des deux premiers tiers.
nul n'a le monopole de cette écoute.
Mon devoir aujourd'hui, c'est d'agir d'abord,
Donc moi je suis dans l'action,
je ne dis pas on verra,
On verra le chemin,
On verra le chemin,
[Refrain final]
Je n'ai jamais laissé les Français de côté.
Non, je ne regrette pas du tout le quoi qu'il en coûte,
la complexité du réel que je connais.
la complexité du réel que je connais.
C'est factuel.
Donc ça, oui.
C'est factuel.
Et je le ferai jusqu'au bout.
Et je le ferai jusqu'au bout.
[Outro]
Merci beaucoup Caroline.
Bonsoir à tous les deux.
Ils n'attendent pas de moi que je m'y engage maintenant.
Merci beaucoup Caroline.