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ILS ONT EFFACÉ LES VILLAGES — L’HOMMAGE À LA FRANCE OUBLIÉE

24 mars 20266:19
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Ce qui s'est passé

🎙️ ILS ONT OUBLIÉ LA FRANCE… MAIS ELLE EST TOUJOURS LÀ.

Aux municipales toute l’attention médiatique s’est concentrée sur quelques grandes villes.

Mais pendant ce temps-là, une immense partie du pays est restée hors champ.

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Du seize au vingt-trois mars, les écrans faisaient loi, On parlait des grandes villes, des gagnants, des combats, Paris faisait du bruit, Marseille réglait ses comptes, Lyon parlait d’alliances, de calculs et de honte. Experts, cartes, plateaux, stratégies, discours, Des mots froids répétés du matin jusqu’au jour ; Mais loin de ce vacarme où tout semble joué, Vivait un autre pays que personne ne voyait.

On la regarde de loin, comme un vieux paysage, Un bout de terre oublié au fond de l’image ; Mais quand tout tremble encore au bord du décor, C’est elle qui tient debout… et qu’on entend encore.

France oubliée, on t’entend encore, Dans le vent des clochers, dans le froid de l’aurore, France oubliée, on ne t’effacera pas, Tant qu’un drapeau se lève au-dessus des toits là-bas. France oubliée, dans la peine et l’effort, Dans les champs, dans les bourgs, dans les silences d’or, France oubliée, on ne t’effacera pas, Car le cœur du pays bat encore sous tes pas.

Dans les petites communes, on vote des visages, Des voisins, des prénoms, des gens du paysage, Celui qui aide l’église, celle qui tient l’école, Celui qui ne ment pas, celle qui console. On se connaît de près, par les jours, par les peines, Par la place, le marché, les saisons qui reviennent ; Avant, d’un trait de plume, on pouvait corriger, Choisir les plus solides, parfois en enlever.

Mais aujourd’hui tout change, on ne choisit plus rien, Le bulletin est fermé, déjà fait, déjà plein, Plus de panachage libre, plus de choix à la main, Plus ce geste simple qui faisait du bien. On impose des listes comme dans les grandes villes, Des blocs bien rangés, des consignes faciles ; Et beaucoup ont senti, devant la salle des fêtes, Qu’on leur volait un peu leur liberté honnête.

On blesse sans bruit cette France tranquille, Au nom de règles propres venues de la ville ; Mais sous les pierres froides, dans le vent qui mord, C’est elle qui tient la flamme… et qu’on entend encore.

France oubliée, on t’entend encore, Dans le vent des clochers, dans le froid de l’aurore, France oubliée, on ne t’effacera pas, Tant qu’un drapeau se lève au-dessus des toits là-bas. France oubliée, dans la peine et l’effort, Dans les champs, dans les bourgs, dans les silences d’or, France oubliée, on ne t’effacera pas, Car le cœur du pays bat encore sous tes pas.

D’un côté les grandes villes et leurs mots compliqués, Les alliances rapides, les accords calculés ; De l’autre les villages qui se lèvent trop tôt, Le froid sur les pare-brises, le café au bistrot. Le café va fermer, la poste a disparu, L’école perd des classes et le médecin n’est plus ; Mais malgré tout cela, les gens tiennent debout, Sans bruit, sans caméra… mais présents jusqu’au bout.

Je chante les maires simples aux dossiers sous le bras, Les pompiers qu’on réveille au milieu de la nuit, Les mères fatiguées mais qui tiennent la vie, Les artisans, les anciens, les drapeaux qu’on relève, Tous ceux qu’on ne voit pas mais sans qui rien ne s’élève.

Cette France oubliée n’est pas un vieux décor, C’est elle qui garde tout quand le pays s’endort, Qui fleurit les tombes, ouvre les marchés, Qui apprend aux enfants d’où ils sont nés. Sans elle, la France ne serait plus qu’un mot, Un pays sans racines, un pays sans écho.

Elle ne demande rien, ni promesse, ni trésor, Juste un peu de respect… mais on l’entend encore.

France oubliée, on t’entend encore, Dans le vent des clochers, dans le froid de l’aurore, France oubliée, on ne t’effacera pas, Tant qu’un drapeau se lève au-dessus des toits là-bas. France oubliée, dans la peine et l’effort, Dans les champs, dans les bourgs, dans les silences d’or, France oubliée, on ne t’effacera pas, Car le cœur du pays bat encore sous tes pas.

J’ai connu ce village où les voix remplissaient tout, Puis un jour tout s’éteint, un départ, un verrou, Une maison vendue, un enfant parti loin, Mais au monument, le drapeau tient encore le lien. Alors j’ai dit tout bas, malgré le froid : On ne t’abandonnera pas… vieille France, crois-moi.

On t’a dite dépassée, trop lente, trop d’hier, Mais tu gardes le feu caché sous la terre, France des mains usées, des chemins, des toits, Le jour reviendra… et on comptera sur toi.

France oubliée, on t’entend encore, Plus fort que leurs écrans, plus haut que leurs décors, France oubliée, on ne t’effacera pas, Tant qu’un drapeau se lève au-dessus des toits là-bas. France oubliée, peuple humble et trésor, Peuple qu’on tait souvent mais qui vit encore, France oubliée, on ne t’effacera pas, Car la France sans toi ne tient même pas.

La France oubliée n’est pas morte aujourd’hui, Elle attend qu’on la voie, qu’on la serve aussi ; Et tant qu’il restera un village, une voix, La France vivra encore… grâce à toi.