Ce qui s'est passé
⚓ À Frontignan, dans l’Hérault, une centaine de pêcheurs ont bloqué l’accès au dépôt pétrolier au petit matin du 16 septembre 2026, dans le cadre d’une mobilisation méditerranéenne contre le coût du carburant. Ange Natoli, pêcheur au chalut et représentant des professionnels, résume leur mot d’ordre : « on ne peut pas travailler à perte ». Arthur Dufour, pêcheur au Grau-du-Roi, évoque une dépense pouvant atteindre 2 500 à 3 000 euros de carburant par jour pour un chalutier.
La chanson part de ce cri de Frontignan et entre dans les comptes du métier : le plein avant d’appareiller, le poisson à vendre, les matelots à payer et une recette absorbée par le gasoil. Elle reprend aussi le témoignage de Philippe Rosellini sur cinq jours de pêche, dont trois serviraient à couvrir le carburant, et la revendication d’un coût net ramené à 60 centimes le litre. Le refrain transforme la formule de Natoli en slogan : « ON NE TRAVAILLE PAS À PERTE ! » Comme toute satire, cette chanson utilise l'exagération, le second degré et la caricature pour nourrir le débat public.
Musicalement, le morceau prend la forme d’une chanson française maritime tendue : bouzouki acoustique, vielle à roue grave, alto, clarinette basse et tuba feutré soutiennent une batterie sèche et un refrain scandé, avec une couleur sombre de chant de quai contemporain.
Paroles
[HOOK]
« On ne peut pas travailler à perte »
À Frontignan, la phrase est nette
Le chalut rentre, les comptes sont faits
Le gasoil mange ce qu'on gagnait
[COUPLET 1]
Trois mille euros pour une journée
Rien que pour pouvoir appareiller
Arthur Dufour pose le calcul :
Le plein dévore presque la recette
Le poisson rentre, il faut le vendre
Mais le gasoil, lui, n'aime pas attendre
Ange Natoli le dit sans détour :
« Nous sommes le dernier maillon de la chaîne »
[PRÉ-REFRAIN]
On peut lever les filets au matin
Mais pas inventer l'argent du plein
Du chalutier jusqu'au dépôt
La même phrase remonte des bateaux
[REFRAIN]
ON NE TRAVAILLE PAS À PERTE !
ON NE TRAVAILLE PAS À PERTE !
Tout le poisson paie le gasoil !
ON NE TRAVAILLE PAS À PERTE !
[COUPLET 2]
Rosellini compte cinq jours en mer :
Trois pour le carburant, quelle affaire !
Deux pour pouvoir payer les matelots
Et le patron, il lui reste quoi ?
Certains puisent dans leurs économies
Pour remettre du gasoil dans la machine
Et Natoli le dit pour les aides :
« ne sont toujours pas parvenues à l’ensemble des bateaux »
[PRÉ-REFRAIN]
On peut lever les filets au matin
Mais pas inventer l'argent du plein
Du chalutier jusqu'au dépôt
La même phrase remonte des bateaux
[REFRAIN]
ON NE TRAVAILLE PAS À PERTE !
ON NE TRAVAILLE PAS À PERTE !
Tout le poisson paie le gasoil !
ON NE TRAVAILLE PAS À PERTE !
[PONT]
À Frontignan, le dépôt est bloqué
À Sète, un navire est resté à quai
Gasoil trop cher, poisson moins payé :
À la fin, qui peut encore embarquer ?
Soixante centimes : voilà leur demande
Pour que la sortie ne soit pas perdante
Pas besoin d'un discours sur le port :
Si la mer coûte plus, le bateau reste au bord
[DERNIER REFRAIN]
ON NE TRAVAILLE PAS À PERTE !
ON NE TRAVAILLE PAS À PERTE !
Tout le poisson paie le gasoil !
ON NE TRAVAILLE PAS À PERTE !