Ce qui s'est passé
Haïti, 18 octobre 2026 : quatre techniciens salvadoriens de la Force de répression des gangs (mandat ONU) sont enlevés après l'attaque de leur blindé. Le 21, Nayib Bukele annonce une opération de sauvetage ; le 28, San Salvador confirme plus de 2 000 soldats déployés à Port-au-Prince, avec blindés et hélicoptères, plus que la force internationale elle-même (environ 1 500 hommes après un an), en coopération avec le gouvernement haïtien et avec l'aval de Washington. Offensive blindée le 2 novembre ; marches pro-Bukele à Port-au-Prince, Jérémie, Kenscoff, slogan « Debloke peyi a » (« Débloquez le pays »). Pour être exact : au 8 novembre, les otages n'ont pas été retrouvés, l'ONU rappelle que seuls 200 Salvadoriens relèvent de son mandat, et les bilans (« une douzaine de membres de gangs tués ») viennent des autorités.
Le Salvador : 6 656 homicides en 2015 (103 pour 100 000 habitants), 82 en 2025 (1,3 pour 100 000) ; état d'exception depuis mars 2022, plus de 93 000 arrestations, environ 8 000 innocents relâchés, 554 morts en détention selon les ONG ; popularité entre 85 et 94 %, réélu à 84,65 % en 2024. La chanson le dit : « Bukele n'est pas un saint ».
Bukele à la France, 18 octobre 2026, en français, après les 997 policiers et gendarmes blessés du 17 octobre : « Nous avons surmonté en un an un problème cent fois plus grave, sans avoir les moyens dont dispose la France. La France pourrait y arriver en une semaine. »
Le « sentiment d'insécurité » : Éric Dupond-Moretti, garde des Sceaux, 1er septembre 2020 : « de l'ordre du fantasme » ; Emmanuel Macron, juin 2025, sur ceux qui veulent « brainwasher sur l'invasion du pays et les derniers faits divers » ; Laurent Nuñez, 30 janvier 2026 : « Nous ne sommes pas dans une France coupe-gorge ». Les chiffres (SSMSI, bilan 2025) : 975 homicides, coups et blessures +5 %, violences sexuelles +8 %, trafic de stupéfiants +8 %, refus d'obtempérer +11 % ; enquête Vécu et ressenti (29 octobre 2026) : 23 % des Français se sentent en insécurité dans leur quartier, 43 % dans les transports, 22 % renoncent à sortir.
Paroles
[Intro]
Il y avait un pays où l'on comptait les morts
Comme on compte les jours, 6 000 en une année,
Capitale du meurtre, du sang sur les trottoirs,
Et un jeune président qui a dit : ça suffit.
[Couplet 1]
Il n'a pas commandé d'études ni de colloques,
Il n'a pas dit « ressenti », il a dit « prison »,
Les tatoués des maras, les rois de chaque bloc,
Il les a mis à l'ombre, par dizaines de milliers.
De 103 morts pour 100 000 à moins de 2,
Le pays le plus sûr de toute l'Amérique,
Les enfants jouent dehors, les mères sortent le soir,
Et neuf Salvadoriens sur dix lui disent merci.
[Refrain]
Une semaine, a dit Bukele, une semaine suffirait,
« La France pourrait y arriver », si quelqu'un le voulait,
Mais chez nous on préfère parler de sentiment,
Le « sentiment d'insécurité », c'est le mot des gouvernants,
Une semaine suffirait.
[Couplet 2]
Port-au-Prince, 30 ans de casques bleus et de rapports,
Des missions et des sigles, des mandats limités,
Les gangs tenaient la ville, neuf rues sur dix, la mort,
Un million de déplacés, des familles enterrées.
Quatre de ses soldats enlevés dans la plaine,
Il n'a pas attendu l'ONU ni ses réunions,
Dix jours, 2 000 hommes, 7 hélicoptères qui traînent,
Et dans les rues d'Haïti, on danse : « le pays se débloque ».
[Refrain]
[Pont]
« De l'ordre du fantasme », disait le garde des Sceaux,
« Pas une France coupe-gorge », jure le ministre,
Et le Président nous dit « brainwashés » par les faits divers,
Pendant que les violences montent, chiffre après chiffre.
975 morts l'an dernier, un toutes les 9 heures,
Les viols, les coups, la drogue : plus 8, plus 5, plus 9,
Un Français sur quatre a peur dans son propre quartier,
Un sur cinq ne sort plus le soir : ça, c'est le pays réel.
[Couplet 3]
Bukele n'est pas un saint, on le sait bien là-bas,
Il y a des murs trop pleins et des erreurs dedans,
Mais au moins il a choisi le camp des gens honnêtes,
Et quand son peuple appelle, il répond « présent ».
Chez nous on a les lois, les juges et les moyens,
Les prisons qu'on ne bâtit pas, les peines qu'on n'applique pas,
Il manque juste un homme qui n'ait pas peur des mots,
Qui dise « insécurité » sans ajouter « sentiment ».
[Dernier refrain]
Une semaine, a dit Bukele, une semaine suffirait,
« La France pourrait y arriver », si quelqu'un le voulait,
Mais chez nous on préfère parler de sentiment,
Le « sentiment d'insécurité », c'est le mot des gouvernants,
Une semaine suffirait.
[Outro]
Un pays s'est relevé, un autre se débloque,
Et le nôtre se raconte qu'il n'a qu'un sentiment.