Ce qui s'est passé
🇫🇷 Plus de 89 000 personnes ont signé une pétition contre le projet de nouveau pavillon d’accueil de l’Assemblée nationale, prévu au 33 quai d’Orsay, face au Palais-Bourbon. Le bâtiment contemporain, largement vitré, doit remplacer l’actuel pavillon et intégrer notamment une boutique et une cafétéria, pour un coût annoncé proche de 53 millions d’euros. Au cœur de la polémique, Yaël Braun-Pivet s’est dite « dépassée » par l’ampleur des critiques, tandis que l’association Sites & Monuments mène la campagne « Non à l’enlaidissement de Paris ».
La chanson reprend ce bras de fer architectural et patrimonial en opposant les promesses de l’Assemblée — « respecter l’identité du site » et « mettre en valeur l’emblématique colonnade » — aux critiques visant ce grand bâtiment de verre. Elle traverse le quai d’Orsay, la Seine, le Palais-Bourbon, le pavillon de 1888 attribué à Edmond de Joly et la comparaison avec « une sorte d’Apple Store à côté du Palais Bourbon ». Son refrain réclame que la contestation soit entendue et que le patrimoine du site soit préservé. Comme toute satire, cette chanson utilise l'exagération, le second degré et la caricature pour nourrir le débat public.
Musicalement, le morceau prend la forme d’une chanson française orchestrée : grand piano, quatuor à cordes chaleureux, accordéon discret, contrebasse et batterie aux balais. Une voix de baryton proche et narrative porte la charge avec retenue, tandis que les cordes donnent de l’ampleur au refrain.
Paroles
[HOOK]
Quatre-vingt-neuf mille ont signé leur refus,
Devant le Palais-Bourbon, le verre ne passe plus.
Yaël Braun-Pivet se dit « dépassée »,
Paris répond : alors, commencez par écouter.
[COUPLET 1]
Au trente-trois quai d’Orsay, face à la Seine,
Un pavillon de verre doit prendre la place.
Boutique, cafétéria, cinquante-trois millions,
Pour refaire une entrée devant le Palais-Bourbon.
L’Assemblée promet de « respecter l’identité du site »,
Et de « mettre en valeur l’emblématique colonnade ».
Mais quatre-vingt-neuf mille répondent autrement :
« Non à l’enlaidissement de Paris », tout simplement.
[PRÉ-REFRAIN]
Quand un décor historique devient un projet,
On peut quand même demander aux gens leur avis.
[REFRAIN]
QUATRE-VINGT-NEUF MILLE SIGNATURES !
NON AU PAVILLON À CINQUANTE-TROIS MILLIONS !
Gardez la Seine et gardez la colonnade,
Pas besoin d’un bloc de verre en façade.
QUATRE-VINGT-NEUF MILLE SIGNATURES !
L’Assemblée doit entendre la contestation.
[COUPLET 2]
Le pavillon actuel date de dix-huit cent quatre-vingt-huit,
Il porte encore la trace d’Edmond de Joly.
Et le nouveau projet reçoit ce joli surnom :
« Une sorte d’Apple Store à côté du Palais Bourbon ».
Le permis retiré, le chantier fut suspendu,
Mais le projet, lui, n’a pas disparu.
Alors avant de ressortir les plans du tiroir,
Qu’on protège le quai plutôt que de le refaire à voir.
[PRÉ-REFRAIN]
Moderne, très bien — mais pas n’importe où,
Cinquante-trois millions, ça se discute jusqu’au bout.
[REFRAIN]
QUATRE-VINGT-NEUF MILLE SIGNATURES !
NON AU PAVILLON À CINQUANTE-TROIS MILLIONS !
Gardez la Seine et gardez la colonnade,
Pas besoin d’un bloc de verre en façade.
QUATRE-VINGT-NEUF MILLE SIGNATURES !
L’Assemblée doit entendre la contestation.
[PONT]
« Respectera l’identité du site », dit l’Assemblée,
« Enlaidirait irrémédiablement », répond l’association.
Deux phrases, deux visions devant le même palais,
Alors montrez les plans et écoutez l’opposition.
[DERNIER REFRAIN]
QUATRE-VINGT-NEUF MILLE SIGNATURES !
NON AU PAVILLON À CINQUANTE-TROIS MILLIONS !
Gardez la Seine et gardez la colonnade,
Pas besoin d’un bloc de verre en façade.
QUATRE-VINGT-NEUF MILLE SIGNATURES !
L’Assemblée doit entendre la contestation.